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Quelque 150 activistes d'ultra-gauche cagoulés et masqués, "Black Bloc" et membres de la Confédération nationale du travail (CNT, anarchiste), avaient pris position en face des forces de l'ordre à l'entame du cortège pour perturber la manifestation parisienne.

KEYSTONE/EPA/CHRISTOPHE PETIT TESSON

(sda-ats)

Loin de faire bloc comme en 2002 contre le Front national, les syndicats français ont célébré lundi le 1er mai en ordre dispersé. Des heurts ont éclaté en marge de la manifestation parisienne, faisant quatre blessés dans les rangs de la police.

L'ambiance s'est rapidement tendue après le départ de la manifestation de la place de la République vers celle de la Nation via Bastille. Des heurts ont éclaté peu avant 15h00. "Des individus masqués et cagoulés ont jeté des projectiles et des cocktails Molotov sur les forces de l'ordre", qui ont répondu en faisant "usage de grenades lacrymogènes", a indiqué la police.

Deux CRS sont légèrement blessés. Un troisième a été sérieusement brûlé à la main et au visage, possiblement au troisième degré, selon la préfecture de police. "Son état est très sérieux, il est en état de choc émotionnel", a dit sur BFM TV David Michaux, secrétaire national CRS de l'UNSA Police.

Une fonctionnaire de la Compagnie de sécurisation et d'intervention (CSI) a par ailleurs été blessée sérieusement à la main en manipulant une grenade, a rapporté par la suite la préfecture.

Quatre interpellations

Le cortège, emmené par une intersyndicale CGT-FO-FSU-Solidaires, a rassemblé 30'000 personnes, selon la préfecture de police, 80'000 selon la CGT. C'est le double de l'an dernier (16'000 à 17'000 personnes, selon la police).

Il a dû s'arrêter à plusieurs reprises. Quelque 150 activistes d'ultra-gauche cagoulés et masqués, "Black Bloc" et membres de la Confédération nationale du travail (CNT, anarchiste), avaient pris position en face des forces de l'ordre à l'entame du cortège pour perturber la manifestation.

Un homme avait été interpellé juste avant le début des heurts pour port d'arme prohibé. Les activistes ont été isolés et encadrés par les forces de l'ordre qui ont procédé à quatre interpellations pour port d'armes prohibé, violences à agent de la force publique et dégradations, a indiqué la préfecture.

Au total, plus de 9000 policiers, gendarmes, et militaires de l'opération Sentinelle avaient été mobilisés, dont 2000 dédiés notamment à la sécurisation de la manifestation parisienne, selon la préfecture de police. La manifestation s'est ensuite poursuivie normalement.

"Faire barrage" à Le Pen

"Je rends hommage aux deux CRS blessés à Paris. C'est cette chienlit et ce laxisme que je ne veux plus voir dans nos rues", a réagi Mme le Pen sur Twitter, évoquant un premier bilan donné par la police.

Les incidents parisiens se sont déroulés en marge d'une journée de mobilisation en ordre dispersé dans toute la France: les uns appelaient à "faire barrage" à Marine Le Pen, d'autres à voter pour Emmanuel Macron et certains à "battre les deux candidats".

"Notre slogan est clair: Il faut battre le FN pour le progrès social. Le FN est un parti raciste, xénophobe, antifemmes et libéral", a déclaré le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez.

Sur l'ensemble de l'Hexagone, les 311 rassemblements organisés ce lundi ont réuni 142'000 personnes, a annoncé le ministère de l'Intérieur. L'an dernier, en pleine contestation de la loi travail, le nombre de manifestants était de 84'000, de sources policières

Ces manifestations ont réuni au moins 4800 personnes à Marseille, 4000 à Nantes, 6000 à 7000 à Toulouse, selon la police. Parmi les manifestants, là encore, beaucoup d'électeurs de Jean-Luc Mélenchon, ou de militants de Lutte ouvrière, du parti communiste, de l'Unef...

Le FN, "un épouvantail"

"Pour nous, le 1er mai, c'est l'occasion de dire 'ni l'un, ni l'autre'. Le fascisme est toujours pire que Macron, mais gauche et droite utilisent le FN depuis 30 ans comme un épouvantail", a assuré Thomas, étudiant, dans le cortège bordelais. Des voix discordantes issues des rangs des principaux syndicats appellent également "à battre les deux candidats".

La CFDT (réformiste) et l'Unsa, qui ont, elles, appelé à voter pour Emmanuel Macron le 7 mai pour "battre" la candidate du FN, avaient mobilisé de leur côté. A Paris comme en régions, elles ont réuni à chaque fois quelques centaines de personnes. Lille a fait exception, avec un cortège rassemblant CGT et CFDT.

ATS

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