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Les opposants au président vénézuélien ont tenté de rejoindre le siège des autorités électorales (CNE), dans le centre de Caracas, mais, comme à chacune de leurs tentatives d'entrer dans le coeur de la capitale, ils ont été repoussés par les gaz lacrymogènes des forces de l'ordre.

KEYSTONE/EPA EFE/CRISTIAN HERNANDEZ

(sda-ats)

Un adolescent est mort mercredi à Caracas où plusieurs milliers de personnes ont à nouveau manifesté pour exiger le départ du président Nicolas Maduro. Parallèlement le chef des armées a lancé un appel inédit à ses troupes à cesser les "atrocités".

L'adolescent, âgé de 17 ans, a été tué à Chacao, un quartier de l'est de la capitale, selon le parquet. Ce nouveau décès porte à 66 le nombre de morts en plus de deux mois de protestations de l'opposition.

Sur une vidéo circulant dans les réseaux sociaux, on pouvait voir l'adolescent ensanglanté par une importante blessure à la poitrine, écroulé sur l'avenue Libertador. Les dirigeants de l'opposition ont attribué aux forces de sécurité la responsabilité de ce nouveau décès, pour lequel le parquet a ouvert une enquête.

Les opposants au chef de l'Etat ont tenté de rejoindre le siège des autorités électorales (CNE), dans le centre de Caracas, mais, comme à chacune de leurs tentatives d'entrer dans le coeur de la capitale, ils ont été repoussés par les gaz lacrymogènes des forces de l'ordre.

Les adversaires de M. Maduro le rendent responsable de l'effondrement économique du pays et l'accusent de vouloir confisquer le pouvoir, notamment avec son projet controversé de réforme de la Constitution. Ils dénoncent aussi une répression "sauvage" de la police et de l'armée lors des manifestations.

"Atrocités"

Reconnaissant pour la première fois des abus commis par les militaires, le ministre de la Défense Vladimir Padrino Lopez a lancé mardi soir: "Je ne veux pas voir un garde national de plus en train de commettre des atrocités dans la rue".

Il réagissait ainsi à la polémique générée par la diffusion lundi de vidéos sur les réseaux sociaux montrant policiers et militaires en train d'agresser et de voler les effets personnels de plusieurs manifestants appréhendés lors des défilés.

"Celui qui ne respecte pas la ligne de l'Etat, l'importance suprême des droits de l'homme, (...) et qui ne se comporte pas en professionnel devra en assumer les responsabilités", a affirmé M. Padrino Lopez. Le ministre avait apporté il y a quelques semaines le soutien "inconditionnel" à M. Maduro de l'armée, acteur incontournable dans le pays.

"Respecter sa parole"

"Nous appelons Vladimir Padrino Lopez à respecter sa parole et qu'il laisse la manifestation se dérouler en paix", a rétorqué mercredi Julio Borges, président du Parlement, unique institution contrôlée par l'opposition.

"Les paroles ne suffisent pas, M. Padrino Lopez", a renchéri la députée Delsa Solorzano. Ce dernier a exhorté le ministre à "mettre en prison les gardes nationaux commettant des abus".

Le ministre de l'Intérieur, le général Nestor Reverol - accusé de narcotrafic par les Etats-Unis -, a annoncé de son côté que les policiers impliqués dans les vols et abus avaient été identifiés et qu'ils seraient mis à la disposition de la justice.

Milliers de blessés

Outre les 66 morts, les manifestations pour exiger des élections anticipées ont fait depuis le 1er avril un millier de blessés et des centaines de personnes ont été arrêtées, selon le parquet.

La procureure générale Luisa Ortega a elle aussi dénoncé des abus de l'armée, ce qui lui a valu d'être qualifiée de "traître" par le gouvernement.

ATS

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