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Un an après l'attaque de Berlin: regrets, critiques et hommages

Le mémorial inauguré mardi forme une cicatrice de bronze et d'or serpentant sur 14 mètres vers les escaliers menant à l'église. Sur les marches, les noms des victimes ont été gravés. Mardi, des roses blanches y avaient été déposées. Keystone/DPA/MAURIZIO GAMBARINI sda-ats
Ce contenu a été publié le 19 décembre 2017 - 16:46
(Keystone-ATS)

Le président allemand a reconnu mardi, à l'occasion du premier anniversaire de l'attentat du marché de Noël de Berlin, que l'Etat avait failli dans sa mission de soutien aux victimes. Il a admis des négligences avant l'attaque.

La chancelière Angela Merkel avait été critiquée pour son manque d'empathie ces dernières semaines par une partie des proches des douze morts et de la centaine de blessés. Elle les a reçus pour la première fois lundi après la publication début décembre d'une lettre ouverte très critique.

"La vérité, c'est aussi que le soutien (aux victimes) est arrivé trop tard et était insuffisant", a souligné le président Frank-Walter Steinmeier lors d'une cérémonie fermée à la presse dans l'église du Souvenir, mitoyenne du lieu de l'attentat.

"Sachez que vos expériences, vos plaintes et vos mises en garde ont été entendues (...) le 19 décembre 2016 a imposé un devoir aux responsables politiques: nous devons tirer au clair les négligences et apprendre de nos erreurs", a ajouté ce social-démocrate respecté, selon le texte du discours distribué aux médias.

Taxis au frais des victimes

Le ministre de la Justice Heiko Maas a présenté des excuses dans une tribune parue dans la presse. Ces propos tranchent avec ceux de Mme Merkel la veille qui avait jugé que les autorités "avaient clairement exprimé (leur compassion) de différentes manières". Selon Kurt Beck, auteur d'un rapport officiel très critique sur le traitement des victimes de cet attentat, la chancelière a cependant su "détendre la situation" lors de la rencontre de lundi.

L'attaque du marché de Noël revendiquée par le groupe Etat islamique (EI) est l'attentat le plus sanglant jamais commis sur le sol allemand. Pourtant aucun hommage national n'a été organisé. Le rapport de M. Beck a aussi critiqué la faiblesse des indemnisations et des maladresses administratives choquantes comme l'envoi aux familles d'injonctions de paiement pour les autopsies des défunts.

Dernier exemple du genre, rapporté par le quotidien Bild mardi, la mairie de Berlin a signifié dans l'invitation faite aux proches et aux blessés de venir aux commémorations mardi que "le coût d'un taxi ne sera pas remboursé! Les transports en commun doivent être utilisés".

Un mémorial en cicatrice

Longtemps sous surveillance policière, l'auteur de l'attaque était resté en liberté, bien que catalogué comme islamiste dangereux et trafiquant de drogues. Arrivé en Allemagne en 2015 après une peine de prison en Italie, le jeune homme avait profité du chaos administratif provoqué par l'afflux de centaines de milliers de migrants pour déposer plusieurs demandes d'asiles et obtenir autant de titres de séjour provisoires sous diverses identités.

La journée de commémorations de mardi a été marquée par plusieurs cérémonies sur la place abritant le marché de Noël, le Breitscheidplatz. "Aujourd'hui doit être non seulement un jour de deuil, mais aussi le jour de (notre) volonté de faire mieux", a dit Mme Merkel après l'inauguration d'un mémorial aux victimes sur les marches menant à la célèbre église du Souvenir, mitoyenne du marché de Noël.

Le monument forme une cicatrice de bronze et d'or serpentant sur 14 mètres vers les escaliers menant à l'église. Sur les marches, les noms des victimes ont été gravés. Mardi, des roses blanches y avaient été déposées.

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