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Un an après le feu d'artifice et le faste des Jeux olympiques, Rio de Janeiro vit au rythme des fusillades et des patrouilles de l'armée déployée pour faire face à une flambée de la violence.

Les incertitudes quant à l'utilisation des installations olympiques sont le cadet des soucis des 6,5 millions d'habitants de la "ville merveilleuse", pour qui l'esprit festif des JO, et leur réussite, n'est qu'un lointain souvenir.

Guerre entre gangs de narcotrafiquants, enfants tués par des balles perdues lors de raids policiers dans les favelas, recrudescence des vols à main armée: le sentiment d'insécurité est omniprésent.

Ces dernières semaines, la route qui mène à l'aéroport international a été bloquée à plusieurs reprises à cause d'échanges de tirs nourris qui ont terrorisé les automobilistes.

Une vision impensable en août dernier, quand le dispositif de sécurité avait été considérablement renforcé pour les Jeux.

"Nous avions obtenu le renfort de 50'000 hommes et un apport financier considérable de la part du gouvernement fédéral. Mais ces renforts sont partis après les Jeux et nous avons des difficultés à payer nos policiers", admet Roberto Alzir, responsable des questions stratégiques des services de sécurité de l'État de Rio.

Le gouvernement fédéral a réagi la semaine dernière en mobilisant une force de 10'000 hommes, dont 8500 militaires qui ont commencé à se déployer dans les rues.

"Nous répétons la formule des JO, qui a si bien fonctionné", a reconnu le ministre de la défense Raul Jungmann.

"Pas de vision à long terme"

La violence est étroitement liée à la crise économique, qui a commencé il y a deux ans, bien avant les JO. L'État de Rio est au bord de la faillite et les fonctionnaires sont payés en retard.

Certains dépendent même de donations de paniers-repas pour survivre.

Les policiers n'ont toujours pas reçu le 13e mois de 2016 et les autorités ne peuvent plus payer les heures supplémentaires qui permettraient d'augmenter significativement le nombre de patrouilles.

Au-delà des problèmes de la violence, la population est aussi touchée par un fort taux de chômage.

D'anciens cadres travaillent comme chauffeurs d'Uber pour joindre les deux bouts et le nombre de sans-abris augmente à vue d'oeil.

La crise affecte même les sportifs de haut niveau: de nombreux Brésiliens médaillés olympiques des Jeux de Rio se sont retrouvés sans sponsors.

Longtemps restées à l'abandon, certaines installations du parc olympique commencent à ouvrir leurs portes à des entraînements ou des événements ponctuels, même si de nombreuses incertitudes persistent.

Le tourisme en berne

Rouvert depuis mai, le vélodrome a été endommagé le week-end dernier par un incendie causé par des lampions qui a détruit une partie de la toiture.

"Nous avons réussi à faire de grands Jeux olympiques malgré la crise. L'héritage n'est pas compromis, il va juste prendre plus de temps à se mettre en place", assure Mario Andrada, directeur de communication du comité organisateur Rio-2016.

Les habitants bénéficient déjà d'une extension du réseau des transports et de la revitalisation de la zone portuaire de Rio, mais la crise et la violence affectent directement le tourisme.

D'après la Confédération Nationale du Commerce (CNC), 5000 postes ont été créés dans ce secteur au moment des JO, mais près de 9000 personnes ont été licenciées de janvier à mai 2017.

ATS