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Le chef de la délégation syrienne Bachar al-Jaafari (c) a discuté pendant deux heures et demie avec l'émissaire de l'ONU Staffan de Mistura.

KEYSTONE/EPA REUTERS POOL/PIERRE ALBOUY / POOL

(sda-ats)

Des kamikazes se sont fait exploser samedi contre deux sièges de la Sécurité à Homs en Syrie, faisant 42 morts. La délégation du gouvernement aux pourparlers de Genève demande à l'opposition et à l'émissaire de l'ONU sur la Syrie de condamner publiquement l'attentat.

Elle ne suspend pas pour autant sa participation. Le chef de la délégation Bachar al-Jaafari a discuté pendant deux heures et demie avec l'émissaire de l'ONU Staffan de Mistura d'une seule question, la lutte contre le terrorisme. "Toute plate-forme qui refuserait de condamner" les attentats sera "considérée comme complice du terrorisme", a déclaré devant la presse l'ambassadeur syrien.

L'attentat constitue "un message adressé à l'émissaire, à l'ONU, à la communauté internationale et à tous les participants" des discussions de Genève, selon lui. Les soutiens des extrémistes ne veulent pas d'une avancée dans les discussions à Genève, dit-il également.

Il s'en est par ailleurs pris à l'Arabie saoudite et à la Turquie, soutiens, selon lui, du Front al-Nosra. "Ceux qui tuent des Syriens seront aussi punis", a affirmé M. al-Jaafari. Il a répété souhaiter une délégation unifiée de l'opposition qui ne suive pas des demandes étrangères.

Condamnation des opposants

Le chef de la délégation de l'opposition syrienne à Genève, Nasr al-Hariri, s'est exprimé samedi soir. "Notre position est claire, nous condamnons le terrorisme et les terroristes, nous condamnons Daech (acronyme arabe du groupe Etat islamique) et Al Nosra (ex-branche syrienne d'Al Qaïda)", a déclaré M. al-Hariri lors d'une conférence de presse.

Staffan de Mistura avait auparavant estimé que les attaques de Homs visaient à faire "dérailler" les négociations de paix. "A chaque fois que nous avons des pourparlers, il y a toujours quelqu'un qui essaye de faire dérailler le processus. Nous nous y attendions", a-t-il déclaré à la presse.

Au troisième jour de ce nouveau processus, aucune discussion sur le fond ne s'est encore engagée avec l'ONU, et encore moins entre les deux parties. Le format des négociations, que l'opposition et l'ONU voudraient directes, donc en face à face avec le régime, n'a pas encore été fixé.

Organisation terroriste

Le groupe responsable de l'attentat, Fateh al-Cham, est l'ancienne branche syrienne d'Al-Qaïda, dont il s'est officiellement séparé en 2016. Il reste néanmoins sur la liste des organisations terroristes de l'ONU et est exclu du cessez-le-feu et des négociations de paix de Genève, qui ne concernent que le régime et l'opposition autre que djihadiste.

Pour le directeur de l'ONG Observatoire syrien des droits de l'Homme, Rami Abdel Rahmane, l'attentat de Homs est "un message aussi bien au régime qu'à l'opposition et à la communauté internationale que Fateh al-Cham est là et que personne ne peut l'isoler".

ATS

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