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Il est connu que Paul Manafort, communiquant aux clients multiples, cultive des liens solides avec le "monde russe" cher à Vladimir Poutine (archives).

KEYSTONE/AP/CAROLYN KASTER

(sda-ats)

Le directeur de campagne de Donald Trump, l'influent Paul Manafort, aurait été le bénéficiaire de versements illégaux de millions de dollars en liquide, a affirmé lundi le New York Times. Il aurait reçu ses sommes de l'ancien président ukrainien Victor Ianoukovitch.

Artem Sytnyk, qui dirige la nouvelle agence anti-corruption de l'Ukraine, a confirmé lundi la présence du nom de Paul Manafort sur la "liste noire" du parti de l'ancien président Ianoukovitch.

"Le montant financier affecté pour paiement à cette personne à partir du 20 novembre 2007 dépasse au total 12 millions de dollars", a-t-il déclaré dans une conférence de presse à Kiev. Mais, a-t-il poursuivi, "la présence du nom de Manafort sur cette liste n'implique pas qu'il ait effectivement reçu cet argent, vu que d'autres signatures ont figuré sous son nom et que la raison de débloquer ces sommes n'est pas mentionnée. Pour l'heure, l'enquête se poursuit".

Aucune poursuite n'a pour l'instant été engagée à l'encontre du directeur de campagne. Selon des rumeurs non confirmées, il a été l'un des proches conseillers de Victor Ianoukovitch, a précisé M. Sytnyk.

Livres de compte secrets

Le stratège républicain depuis les années 1970 a été recruté pour mettre la campagne de Donald Trump en ordre de marche vers la Maison Blanche. Le lobbyiste patenté a catégoriquement démenti ces accusations, les qualifiant d'"infondées et stupides". Il a réfuté avoir touché un seul versement clandestin dans sa carrière et a affirmé n'avoir jamais travaillé pour les gouvernements russe ou ukrainien. Il a toutefois admis que sa société avait oeuvré en Ukraine jusqu'aux élections parlementaires d'octobre 2014.

Il est connu que Paul Manafort, communiquant aux clients multiples, cultive des liens solides avec le "monde russe" cher à Vladimir Poutine, après avoir conseillé en Afrique des régimes pas toujours fréquentables.

M. Trump a lui-même chanté les louanges de Vladimir Poutine, qui lui a renvoyé l'ascenseur dans des déclarations publiques. La candidate démocrate Hillary Clinton a elle qualifié de "troublantes" les révélations du journal. "Donald Trump a le devoir de révéler les liens qui existent entre son directeur de campagne Paul Manafort et tous ses autres employés de campagne et les entités russes ou pro-Kremlin", a insisté lundi Hillary Clinton.

Lourde tâche

La controverse a pris un tour encore plus piquant du fait que Corey Lewandowski, l'ancien conseiller chargé de la campagne de Trump écarté au profit de Manafort, a tweeté le lien donnant lecture de l'article du New York Times.

Ce "re-tweet" a immédiatement été vu comme l'illustration de l'inimitié entre les deux hommes. L'un après l'autre se sont retrouvés avec la lourde tâche de donner une cohérence à la campagne de Trump, dont les saillies provocantes quotidiennes choquent jusque dans le camp républicain.

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