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La presse suisse voit dans la démission de Philipp Hildebrand de la présidence de la BNS une issue inévitable. Celui que l'on décrit comme "l'homme le plus puissant de Suisse" devait se retirer afin de restaurer la crédibilité de la banque centrale, estiment les éditorialistes.

"Le capitaine jette l'éponge pour sauver la crédibilité du navire BNS qui menaçait de prendre l'eau en éclaboussant son principal armateur, le Conseil fédéral", image ainsi le "Quotidien jurassien". Au-delà, le journal s'étonne que le départ du président de la Banque nationale suisse (BNS) survienne aussi rapidement.

"24 heures" revient lui sur l'incapacité de Philipp Hildebrand à prouver sa bonne foi, raison de sa démission en fin de compte. "Sa sincérité est convaincante, mais elle est insuffisante". Le quotidien vaudois évoque un acte digne, qui "montre un sens du devoir et de l'Etat" de la part du patron de l'institut d'émission.

Dimension politique

Au-delà, les éditorialistes relèvent la dimension politique de l'affaire. "Cette démission subite fera bomber le torse aux détracteurs de Philipp Hildebrand", référence à Christoph Blocher. "Une revanche qui versera du baume sur les plaies électorales de l'UDC, qui restent douloureuses à son stratège", dit le QJ.

A ce propos, "24 Heures" parle d'un Christoph Blocher "qui dans ce dossier joue sur du velours... et sur la haine des élites qu'il entretient depuis longtemps". Toutefois, Philipp Hildebrand "lui a tendu l'arme qui le poignarde aujourd'hui", l'arme constituée par la transaction sur devises controversée effectuée par son épouse.

Victoire de Blocher

Pour "Le Temps", le tribun zurichois remporte dans ce contexte une double victoire, personnelle et politique. En ce qui concerne Philipp Hildebrand lui-même et son réseau international, le journal estime qu'avec son départ "la Suisse perd un homme de valeur, le seul relais avec le G20 et ses forums".

"La Liberté" constate que "la Suisse perd son général au plus mauvais moment, alors que perdure la guerre engagée pour éviter au franc d'atteindre un niveau suicidaire". Le quotidien fribourgeois, qui voit en Philipp Hildebrand un "omnipotent patron de la politique monétaire", craint un climat alourdi avec sa démission.

ATS