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La mort de Clément Méric en 2013 avait suscité une vive émotion et des manifestations dénonçant la violence de l'extrême droite en France (archives).

KEYSTONE/AP/Jacques Brinon

(sda-ats)

La cour d'Assises de Paris a condamné vendredi l'ancien skinhead Esteban Morillo à onze années de prison pour la mort de Clément Méric. Ce jeune militant antifasciste avait été tué en juin 2013 dans une rixe à Paris.

L'un des co-accusés, Samuel Dufour, boulanger de 25 ans, a écopé pour sa part d'une peine de sept années de détention. Le troisième prévenu, Alexandre Eyraud, également présent lors des faits, a été acquitté. L'avocat général avait requis 12 ans de prison pour Esteban Morillo, sept ans pour Samuel Dufour et quatre ans avec sursis pour Alexandre Eyraud.

Dans leurs plaidoiries, les avocats des prévenus avaient jugé disproportionnées les peines demandées par le ministère public. Ils avaient demandé une sanction "juste" pour ce qui reste à leurs yeux une bagarre qui a mal tourné.

Bagarre de rue

Le 5 juin 2013, la rencontre fortuite d'un petit groupe de militants antifascistes et de "skinheads" proches du mouvement d'extrême droite "Troisième voie" lors d'une vente privée de vêtements dans le quartier des grands magasins, à Paris, avait tourné à la bagarre de rue après des provocations verbales.

Frappés à plusieurs reprises au visage, Clément Méric, un étudiant en sciences politiques de 18 ans originaire de Brest, s'était effondré. Ce jeune homme frêle soigné pour une leucémie était décédé le lendemain des suites d'une hémorragie cérébrale.

Sa mort avait suscité une vive émotion et des manifestations dénonçant la violence de l'extrême droite. Le gouvernement socialiste de l'époque avait dissous "Troisième voie" et deux autres organisations de l'ultra-droite, "L'Oeuvre française" et les "Jeunesses nationalistes révolutionnaires".

Esteban Morillo, 25 ans, aujourd'hui agent de sécurité, a reconnu avoir porté deux des coups potentiellement mortels. Des témoignages ont aussi mis en cause Samuel Dufour, ce qui a conduit l'accusation à en faire le coauteur des coups mortels, bien qu'il maintienne ne pas avoir frappé Clément Méric.

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ATS