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Richard Ferrand est devenu mercredi président de l'Assemblée nationale, succédant à François de Rugy.

KEYSTONE/EPA/ETIENNE LAURENT

(sda-ats)

Richard Ferrand, un fidèle entre les fidèles d'Emmanuel Macron, est devenu mercredi le président de l'Assemblée nationale française, comme attendu. Il n'a toutefois pas fait le plein des voix de la majorité parlementaire.

M. Ferrand a recueilli 254 voix alors que son seul groupe LREM (La République en marche, parti présidentiel) compte 312 membres. Fin juin 2017, son prédécesseur François de Rugy l'avait emporté avec un score nettement plus large de 353 voix, qui incluait celles du MoDem, allié de LREM.

Une illustration des remous que connaît la "Macronie" en cette rentrée difficile pour la majorité. Richard Ferrand, un ex-journaliste et ex-dirigeant de mutuelle, siège depuis 2012 au Palais Bourbon et a su depuis un an piloter le jeune et hétéroclite groupe LREM, même si certains lui ont reproché d'être trop "directif" ou "distant".

Ancien socialiste, cet élu du Finistère (Bretagne) âgé de 56 ans, jusque-là le chef de file du groupe La République en marche à l'Assemblée nationale, après avoir été un éphémère ministre de la Cohésion des territoires, s'est dit animé d'une "profonde humilité mêlée de gravité" au moment de prendre la tête de cette "institution sacrée".

"République des copains"

Dans son discours d'intronisation, le 14e président de l'Assemblée de la Ve République (mise en place en 1958), manifestement ému, s'est engagé à "persévérer dans la modernisation" de cette institution et aussi à "veiller à la séparation des pouvoirs".

Aux prises avec la justice dans une affaire de prise illégale d'intérêt quand il était à la tête d'une mutuelle, M. Ferrand a laissé entendre qu'il ne démissionnerait pas nécessairement s'il devait être inculpé. Pour le député socialiste Luc Carvounas, c'est la marque d'une "République des coquins et des copains".

"M. Macron offre un sursis au vieux monde", a aussi dénoncé dans les couloirs du Palais Bourbon, où siège la chambre basse du Parlement, Adrien Quatennens, de la France Insoumise (extrême gauche).

Richard Ferrand ne prévoit pas de remettre en jeu ses nouvelles fonctions dans un an, à mi-mandat, selon son entourage - un engagement initialement annoncé pour tous les LREM au début de la législature.

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ATS