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L'île de Lesbos que le secrétaire général de l'ONU devait visiter accueille des centaines de réfugiés.

KEYSTONE/AP Oxfam/PABLO TOSCO

(sda-ats)

Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon s'est rendu samedi en Grèce pour prendre acte de la situation des dizaines de milliers de migrants bloqués dans ce pays. Un cadeau original lui a été offert par le Premier ministre grec.

Alexis Tsipras a en effet remis à Ban Ki-moon un gilet de sauvetage ramassé, comme des milliers d'autres, sur les côtes grecques. "C'est un cadeau symbolique, un outil de vie pour des milliers de réfugiés qui sont arrivés sur les îles grecques en traversant la mer Egée", a déclaré M. Tsipras en présentant l'objet à Ban Ki-moon en visite à Athènes. Le secrétaire général de l'ONU a remercié M. Tsipras pour "ce cadeau important" qu'il a revêtu, mais à l'envers, avant de l'enlever rapidement.

Il a ensuite salué "la solidarité et l'hospitalité remarquables (...) dont la Grèce a fait preuve à l'égard des gens désespérés qui ont fui la guerre et les persécutions". "Malgré les difficultés financières, la Grèce a été généreuse en sauvant la vie de nombreux réfugiés", a rappelé M. Ban, et souligné que "la communauté internationale devrait soutenir ce pays".

Des conditions indécentes

Le secrétaire général n'a pas fait allusion aux conditions misérables dans lesquelles vivent presque 50'000 migrants installés dans des camps à travers la Grèce.

Après l'évacuation en mai du camp improvisé d'Idomeni à la frontière greco-macédoine, le Conseil de l'Europe avait estimé que les nouveaux centres d'accueil dans le nord du pays, où de nombreux migrants étaient transférés, ne permettaient pas de les accueillir dans des conditions "décentes".

Plus de 8000 migrants sont détenus sur cinq îles grecques conformément à cet accord signé le 20 mars, et dénoncé par de nombreuses ONG dont Amnesty International. Les migrants protestent régulièrement contre cette situation: vendredi, ils ont encore mis le feu à des conteneurs dans le camp de Moria à Lesbos.

La rapporteuse de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe pour les migrations, Tineke Strik, s'était néanmoins dit "impressionnée par ce que les autorités grecques ont accompli en des délais aussi courts".

Visite à une île-symbole

Ban Ki-moon devait se rendre à Lesbos dans l'après-midi pour visiter le camp de rétention de Moria qui abrite quelque 3000 migrants arrivés en Grèce depuis la mise en oeuvre de l'accord controversé UE-Turquie.

Ce lieu est devenu une île-symbole: environ un demi-million de migrants y sont arrivés l'an dernier. La majorité d'entre eux sont parvenus à gagner des pays de l'Europe du Nord avant la fermeture en mars 2016 de la route migratoire dite des Balkans.

Plus de 2500 morts en 2016

Enfin, M. Ban s'est déclaré "profondément affligé par le grand nombre de (réfugiés) morts en Méditerranée", notamment entre l'Afrique et l'Italie, route qui s'est rouverte depuis l'accord UE-Turquie.

Depuis le début de l'année, quelque 2510 personnes sont mortes en Méditerranée contre 1855 en 2015 sur la même période (janvier-mai) selon l'Organisation internationale pour les migrations.

Un bateau qui transportait au moins 700 migrants au large de la Grèce a encore fait naufrage le 3 juin. Seules 250 personnes ont pu être sauvées.

Un convoi d'aide refoulé

Par ailleurs, un convoi britannique en route pour le nord de la France afin d'y distribuer de l'aide aux migrants mais interdit cette semaine par les autorités françaises, a été refoulé samedi au poste-frontière français dans le port de Douvres (sud-est de l'Angleterre).

"Un camion de 38 tonnes rempli d'aide a réussi à passer, mais la plupart des 250 voitures individuelles l'accompagnant ont été refoulées. C'est la France qui nous empêche de passer", a expliqué à l'AFP un des organisateurs du convoi, John Rees.

"On va rebrousser chemin pour aller protester devant l'ambassade de France" à Londres, a-t-il ajouté, alors que le convoi s'était mis en route pour Calais (nord de la France) en début de matinée près du Parlement de Westminster.

ATS