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Une première au TPF, un hooligan répond de ses actes violents au stade. Il avait jeté des fumigènes sur la pelouse (image symbolique).

Keystone/GIAN EHRENZELLER

(sda-ats)

Un Appenzellois de 24 ans risque quatre ans de prison et 500 francs d'amende pour avoir jeté des explosifs et des fumigènes lors d'un match de Super League à Lucerne. Le Ministère public de la Confédération a requis cette peine mardi devant le Tribunal pénal fédéral.

L'accusé est resté muet jusqu'ici. Son défenseur a plaidé sa relaxe. Le jugement sera rendu mercredi en fin de matinée.

C'est le premier acte d'accusation transmis par le MPC pour violence au stade. Les faits se sont déroulés le 21 février 2016 à Lucerne, lors d'une rencontre opposant le FC Lucerne au FC St-Gall.

L'analyse des images de surveillance a prouvé que le prévenu, fan du club saint-gallois, avait jeté les engins explosifs et les fumigènes sur le terrain de jeu. Il avait ainsi accepté que des personnes puissent être blessées, et que des dommages surviennent aux installations et à la pelouse.

Un blessé

Un spectateur de près de 50 ans, qui suivait le match dans le secteur contigu, avait été blessé durablement par cet acte. Ayant subi une importante perte d'audition, il a dû être opéré. Mardi, l'homme a indiqué souffrir encore de flash-back.

Lors de l'explosion, survenue à une vingtaine de mètres de lui, il a cru qu'il s'agissait d'une bombe. Constitué partie civile, il réclame 60'000 francs de dommages-intérêts.

Droit au silence

Devant les juges, l'accusé a fait usage de son droit au silence. Durant la procédure, il n'a rien dit non plus sur ses complices, qui avaient participé à l'introduction des engins interdits dans l'enceinte du stade.

Tout au plus a-t-il admis, dès sa première audition, avoir jeté des fumigènes. Mais avec les précautions d'usage, a-t-il précisé, mentionnant avoir bien vu où il les lançait et veillé à ce qu'aucun joueur ne se trouve à proximité, a rappelé son avocat pour justifier sa demande de mise en liberté.

Il n'a jamais eu pour objectif de blesser quiconque ni de commettre de dégâts, a ajouté le défenseur. Et de relever, s'agissant du blessé à l'ouï, qu'aucun autre spectateur n'a déposé plainte.

Mais pour le Ministère public, le comportement de l'accusé est tout autre que celui décrit par son défenseur. Le caractérisant de sournois, il a relevé toute la peine qu'il a prise avec ses complices de la scène des fans-ultras à introduire les engins pyrotechniques dans le stade. Il n'a en outre jamais voulu s'exprimer sur ses complices.

Le représentant du MPC ne croit en outre pas aux précautions qu'aurait prises l'accusé avant de jeter ses fusées. Vu l'agitation qui règne dans les rangs des fans et les drapeaux qui s'agitent, il lui était impossible d'assurer que personne ne serait victime de son jet.

100 kg d'engins

L'accusé avait en outre déjà été averti pour son comportement lors d'un autre match, cinq mois avant les faits. De plus, durant l'enquête pénale, il est apparu que le jeune homme, qui vient d'Appenzell Rhodes-extérieures, possédait de manière illicite une importante quantité d'objets pyrotechniques du même genre.

Selon des informations du parquet lucernois, la police a saisi environ 100 kg de matériel divers à son domicile. Mais pour le défenseur du hooligan, la seule détention de tels engins n'est pas répréhensible.

Au final, l'accusé doit donc répondre de multiples chefs d'accusation: emploi multiple, avec dessein délictueux, d'explosifs ou de gaz toxiques, lésions corporelles graves, dommages à la propriété multiples commis à l'occasion d'un attroupement formé en public ainsi qu'infractions réitérées à la loi sur les explosifs.

Le 1er Août aussi

L'affaire est de la compétence du MPC en raison du type d'engins explosifs et de l'intention de les utiliser à un endroit où une mise en danger concrète de personnes ou d'objets devait être envisagée. Suite à la rencontre de février 2016, l'accusé a déjà écopé d'une interdiction de se rendre dans un stade de foot ou de hockey pour dix ans, ainsi que d'une interdiction de périmètre de trois ans.

Cela ne l'a pas empêché d'utiliser des engins pyrotechniques lors de la Fête nationale suivante. Pour avoir allumé des explosifs illégaux le 1er août 2016, il a été condamné à une peine pécuniaire de 70 jours-amende et à une amende de 1000 francs. Comme il a fait recours, le jugement n'est cependant pas entré en force.

ATS