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Quelque 8000 personnes ont réussi à fuir la vieille ville de Mossoul depuis le lancement d'une offensive des forces irakiennes sur ce secteur le 18 juin. Mais environ 100'000 autres sont toujours prises au piège par les djihadistes (archives).

KEYSTONE/AP/MAYA ALLERUZZO

(sda-ats)

Un kamikaze a tué douze personnes en se faisant exploser parmi des civils fuyant la vieille ville de Mossoul. Les djihadistes acculés résistent âprement aux forces irakiennes qui cherchent à les chasser de leur dernier fief urbain en Irak.

Un médecin au sein de l'armée irakienne, Ahmed Hachem, a dit avoir reçu dans un hôpital de campagne 12 morts et plus de 20 blessés "y compris des femmes et des enfants". Il a précisé à l'AFP que l'attaque avait eu lieu dans le quartier de Machahda, situé dans la vieille ville.

"Le kamikaze s'est infiltré dans un groupe de personnes et s'est fait exploser avant qu'elles ne puissent atteindre nos troupes", a déclaré un colonel de la 16e division d'infanterie de l'armée. Il est difficile d'obtenir un bilan définitif du nombre de victimes, a-t-il ajouté, la zone de l'attaque n'étant pas complètement sécurisée.

Omar fait partie de la vingtaine de civils blessés et soignés dans l'hôpital de campagne après l'explosion. "Lorsque les forces de sécurité se sont approchées de notre secteur, nous avons couru vers eux", raconte-t-il.

"Un homme est sorti du lot (...) avant de se faire exploser", ajoute Omar, le t-shirt recouvert de sang. Sa mère et son frère ont été tués tandis que sa belle-soeur et ses deux enfants sont toujours portés disparus.

Pris au piège

Selon Abdel Ghani al-Assadi, un commandant des forces du contre-terrorisme (CTS), quelque 8000 personnes ont réussi à fuir la vieille ville depuis le lancement d'une offensive des forces irakiennes sur ce secteur le 18 juin. Mais environ 100'000 autres restent prises au piège par les djihadistes qui les utilisent comme boucliers humains.

Et ces civils font face à plusieurs dangers. Ceux qui tentent de fuir doivent franchir les lignes de front et risquent d'être exécutés par les djihadistes s'ils échouent.

Ceux qui choisissent de rester ou n'ont pas la possibilité de partir sont assiégés depuis des mois et vivent avec très peu d'eau et de nourriture dans des quartiers qui sont frappés quotidiennement par des tirs aériens ou d'artillerie.

Le secteur toujours contrôlé par les djihadistes est relativement petit mais les rues étroites et la présence de nombreux civils rendent l'avancée des forces irakiennes extrêmement délicate. Et les combattants de l'EI opposent une farouche résistance.

Un officier des services de renseignements irakiens a affirmé qu'"il pourrait n'y avoir pas plus que 200 (djihadistes) maintenant" dans la vieille ville. "Tous les autres ont été tués, sauf 15 ou 20 qui ont été arrêtés alors qu'ils fuyaient en se faisant passer pour des déplacés", a-t-il ajouté.

Un signe

Les forces de sécurité craignent aujourd'hui que des Irakiens membres de l'EI ne cherchent à fuir la vieille ville en se mêlant à des groupes de civils, tandis que des djihadistes tchétchènes, français ou d'autres nationalités se préparent sur l'arrière du front à se battre jusqu'à la mort.

Le carnage de vendredi survient après la destruction mercredi soir par le groupe Etat islamique (EI) de la mosquée Al-Nouri et son célèbre minaret penché, dans le Vieux Mossoul. C'était là qu'Abou Bakr al-Baghdadi avait donné en juillet 2014 son premier prêche en tant que leader de l'EI.

Des responsables irakiens et de la coalition internationale menée par les Etats-Unis, qui soutient les forces irakiennes, ont vu dans la destruction de ce bâtiment historique et de son minaret un signe de la perte imminente de la vieille ville par les djihadistes.

"Environ 50% de la vieille ville ont été repris. Nous ne contrôlons pas la mosquée (Al-Nouri) mais ce sera fait dans les 48 heures", a déclaré un responsable des CTS. Le général Assadi est, lui, resté prudent sur le temps qu'il faudrait à ses hommes pour reprendre les derniers secteurs aux mains des djihadistes. "Cela pourrait prendre des semaines", a-t-il dit.

Au total depuis le 17 octobre lorsque les forces irakiennes ont lancé une vaste opération visant à reprendre à l'EI la deuxième ville du pays, dont il s'était emparé il y a trois ans, plus de 800'000 personnes ont fui leur maison.

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ATS