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Rodrigo Duterte a creusé l'écart dans la course à la présidence philippine en dépit d'une plaisanterie sur le viol d'une Australienne qui lui a valu de vives critiques, selon un sondage publié lundi. Son ton brutal et grossier semble plaire aux électeurs.

M. Duterte est le maire de Davao, la grande ville du sud de l'Archipel et un adepte d'un langage cru et d'un discours de fermeté contre la criminalité. Il apparaît comme le grand favori du scrutin du 9 mai, à en croire l'enquête d'opinion de l'institut Social Weather Stations (SWS). 33% des électeurs ont l'intention de voter pour l'avocat de 71 ans, contre 27% en mars. C'est neuf points de pourcentage de mieux que sa rivale la plus sérieuse, Grace Poe.

L'enquête a été menée entre les 18 et 20 avril auprès de 1800 personnes, peu après la mise en ligne d'une vidéo qui a fait scandale.. M. Duterte y plaisante au sujet du viol et du meurtre d'une missionnaire australienne en 1989 lors d'une émeute dans une prison de Davao. On le voit expliquer à une foule goguenarde qu'il aurait aimé être le premier sur les rangs pour la violer.

Face au tollé provoqué par sa sortie, M. Duterte a finalement publié un communiqué d'excuse mardi dernier. Il s'est cependant attiré les foudres de l'Eglise, d'associations et des Etats-Unis et d'Australie. "Fermez-la", a-t-il répliqué aux ambassadeurs des deux pays, menaçant de rompre les liens avec deux des capitales pourtant les plus proches de Manille.

Tuer 100'000 criminels

L'avocat a fermement axé sa campagne sur la sécurité, mettant en avant son bilan positif à Davao, promettant de tuer 100'000 criminels et de jeter tant de cadavres dans la baie de Manille que "les poissons vont engraisser". Cette stratégie est payante dans un pays miné par la criminalité, la corruption rampante dans les services de sécurité et une immense pauvreté.

Il n'y a pas dérogé dimanche soir lors de l'ultime débat télévisé. "Je suis vraiment en colère", a-t-il dit. "Ils disent que je suis un tueur. Peut-être que j'en suis un." Prié de dire ce qu'il ferait s'il apprenait qu'un de ses enfants se droguait, il a répondu: "Je le tuerai."

M. Duterte s'était déjà fait remarquer fin 2015 en qualifiant le pape de "fils de pute" pour avoir provoqué des embouteillages en visitant le pays.

ATS