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Un ordinateur entièrement conçu en Suisse dans les années 60 a été découvert dans les caves de l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL). Appelé CORA 1, il s'agit probablement du prototype de l'un des premiers ordinateurs dont s'est servie l'armée suisse.

L'appareil de la taille d'un réfrigérateur a été produit à quelques exemplaires seulement, a indiqué l'EPFL mercredi. Il a été développé en Suisse par un ingénieur d'origine hongroise vivant à Zurich, Peter Toth, embauché par la société Contraves.

Défense aérienne

L'armée a vraisemblablement utilisé la CORA 1 dans les années 60 pour dépasser les limites imposées par les appareils analogiques dans la défense contre l'aviation.

Baptisée Contraves d'après les deux mots latins "contra aves" (contre les oiseaux), cette société était spécialisée, depuis sa fondation en 1936, dans la fabrication de systèmes de tir pour la défense aérienne.

Dans un premier temps, la société a utilisé des calculateurs analogiques pour contrôler ces systèmes. Mais ils se sont révélés rapidement ni assez rapides ni assez fiables. Le directeur technique de l'époque a alors eu l'intuition que la technologie numérique, encore à ses balbutiements, pourrait donner de meilleurs résultats.

Peter Toth s'est mis à l'ouvrage dès 1957. Comme il s'agissait d'une application militaire, il n'était pas question d'être lié à des constructeurs étrangers.

Sur le terrain

L'ingénieur a conçu lui-même les circuits spécifiques de la machine, car il devait les adapter à des conditions météorologiques et des variations de températures extrêmes: la CORA était en effet destinée à être utilisée sur le terrain et non dans des grandes salles climatisées comme les ordinateurs géants de l'époque.

L'exemplaire retrouvé à l'EPFL avait été acheté par la haute école pour des travaux de cartographie. Ses capacités graphiques avaient été montrées à quelques intéressés lors de l'Exposition nationale de 1964 à Lausanne.

Pour ne pas effrayer le public, médusé par une main invisible traçant les courbes des toits et des clochetons du château de Thoune sur une grande table graphique, la machine était cachée derrière un mur.

ATS