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Un projet pilote ouvre le marché du travail à de nombreux migrants

Le personnel migrant sera de plus en plus demandé pour les soins aux personnes âgées en raison du vieillissement de la population (archives).

KEYSTONE/GAETAN BALLY

(sda-ats)

Un projet pilote pour faciliter l'accès de migrants au marché du travail a dépassé ses objectifs. Grâce à SESAME, plus de 600 personnes ont pu suivre une formation en soins infirmiers et près de 90% de celles qui l'ont achevée ont trouvé un emploi.

Le Secrétariat d'Etat aux migrations et la Croix-Rouge suisse ont tiré jeudi à Berne un bilan très positif de leur projet commun lancé en 2015 qui arrive à échéance à la fin de l'année. Au total, 616 personnes ont bénéficié des offres de formation et des mesures de soutien. Dans les trois quarts des cas, il s'agissait de femmes et près de la moitié des participants étaient des réfugiés reconnus ou des personnes admises à titre provisoire.

En mars dernier, 444 personnes avaient déjà décroché le certificat d'auxiliaire de la santé de la Croix-Rouge et leur nombre devrait atteindre 550 au final. Près de neuf sur dix ont trouvé un emploi dans la foulée.

Le taux de succès est "phénoménal", s'est réjouie la vice-directrice de la Croix-rouge suisse Christine Kopp. Cela s'explique d'abord par la volonté et la motivation des participants, mais aussi par le cadre mis sur pied.

Grâce à une sélection rigoureuse, le taux d'abandon est très faible (8%). Environ un tiers des personnes intéressées n'ont pas été admises à suivre la formation, principalement faute de connaissances linguistiques suffisantes.

Compléter le personnel suisse

Les auxiliaires de la santé de la Croix-Rouge sont très demandés sur le marché du travail et plus de 4000 personnes suivent cette formation chaque année. Compte tenu des besoins croissants en matière de soins aux personnes âgées, les migrants sont un complément bienvenu à la main d'oeuvre suisse.

Non seulement, ils ne volent le travail de personne. Mais ils évitent encore aux employeurs d'être obligés d'aller recruter des employés à l'étranger et contribuent ainsi à la mise en oeuvre de l'article constitutionnel contre l'immigration de masse, a estimé Mme Kopp.

De nombreuses associations cantonales de la Croix-Rouge ont participé au projet SESAME. Voulant éviter toute baisse du standard de qualité de la formation, elles ont mis sur pied tout un puzzle de mesures comme des cours de langue, un tutorat pendant la formation, un accompagnement dans la recherche de stages et parfois un programme de douze mois destiné aux réfugiés.

Les associations maintiendront ces mesures spécifiques au-delà de la phase pilote. Cela devrait permettre de former 100 à 200 aides-soignants par an.

Soulager l'aide sociale

Les finances publiques sortent aussi gagnantes du projet. Selon la vice-directrice du Secrétariat d'Etat aux migrations Cornelia Lüthy, l'intégration d'un réfugié de 30 ans sur le marché du travail soulage les budgets de l'aide sociale et de l'assurance chômage de 100'000 francs sur toute la durée de sa carrière.

La qualification des migrants vaut donc la peine. SESAME montre que l'intégration professionnelle des réfugiés est tout à fait possible et offre une chance à des femmes cantonnées sinon à des postes temporaires ou du travail sur appel. Le secteur des soins connaît des salaires minimum et les institutions sociales offrent une assez grande sécurité d'emploi dans des postes à temps partiel.

Migrants en EMS

Les migrants sont eux-mêmes destinés à devenir un public-cible de la politique de la vieillesse. Près de 150'000 sont actuellement recensés dans les EMS et ce chiffre devrait doubler d'ici à 2050. Les soignants ayant un vécu migratoire font dès lors figure de ressource majeure.

Le projet SESAME a aussi placé le personnel enseignant devant le défi de l'hétérogénéité culturelle. Les formateurs ont reçu une formation spéciale pour leur permettre d'adapter leur pratique. Des cours de deux jours ont lieu cette année et l'an prochain.

Le programme pilote SESAME a été financé à hauteur d'un million de francs par le Secrétariat d'Etat aux migrations et un million par la Croix-Rouge suisse.

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