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Les Syriens étaient appelés aux urnes mercredi dans les seules zones où l'autorité de Damas s'exerce pour des législatives en forme de défi aux opposants de Bachar al-Assad. A Genève, les pourparlers de paix ont repris.

Le scrutin a lieu conformément au calendrier fixé par la Constitution, a souligné l'administration syrienne. Les résultats sont attendus dans les prochains jours alors que les derniers bureaux de vote devaient fermer mercredi en toute fin de soirée.

"Nous votons pour le bien du peuple syrien et pour le bien d'Assad. Assad est déjà en position de force, mais ces élections montrent que le peuple l'approuve et le soutient", assurait un étudiant interrogé dans le bureau de vote installé dans une université de Damas.

Le président a voté avec son épouse dans un bureau installé à la Bibliothèque nationale de Damas. "C'est pour défendre la Syrie que nous sommes tous ensemble aujourd'hui", a-t-il déclaré.

La consultation ne concerne pas les zones tenues par les djihadistes de l'Etat islamique (EU) ou du front Al Nosra, ni celles aux mains des puissantes milices kurdes. Ceci la limite au tiers du territoire national. L'essentiel des votants se trouve dans l'ouest du pays où vivent la majorité des Syriens qui n'ont pas fui le conflit.

Des législatives avaient déjà eu lieu en 2012, un an après le début de la guerre, et le président Bachar al-Assad a en outre été réélu en 2014. Les électeurs étaient invités mercredi à attribuer les 250 sièges d'une Assemblée du peuple qui n'a pas de réels pouvoirs.

Au total, plus de 11'300 candidats âgés de plus de 25 ans ont décidé de briguer l'un des 250 sièges en jeu. Les murs de Damas étaient couverts d'affiches avec ce slogan: "Voter renforce votre ténacité".

Dissonance internationale

Ces législatives ont pour but d'éviter un vide politique et juridique avant la tenue d'un nouveau scrutin régi par une nouvelle Constitution, a expliqué le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. La transition doit se faire "sans accroc vers un nouveau système", selon lui.

La tonalité est différente à Paris. Au Quai d'Orsay, on estime que ce scrutin "se tient sans vraie campagne électorale, sous l'égide d'un régime d'oppression et sans observation internationale. Seuls sont appelés les résidents d'une partie réduite du territoire, excluant des millions de Syriens déplacés ou réfugiés à l'étranger". La diplomatie française a évoqué "un simulacre d'élections".

Premier round à Genève

Les négociations de paix ont repris mercredi en fin d'après-midi à Genève avec une première rencontre entre l'émissaire de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, et une délégation du Haut comité des négociations (HCN), qui rassemble les principaux groupes d'opposants au régime de Damas.

La délégation du gouvernement syrien n'arrivera, elle, que jeudi ou vendredi dans la Cité de Calvin, en raison précisément du scrutin. Ces nouveaux pourparlers devraient durer une dizaine de jours.

Le chef de la délégation du HCN, Asaad al-Zoubi, a indiqué qu'il avait abordé la question de la libération des prisonniers, de la "déstabilisation" de la trêve et des récents "massacres" perpétrés en Syrie. Il a ajouté que la création d'une autorité de transition dans le pays était la priorité de la session de pourparlers, insistant sur le départ "indispensable" de Bachar al-Assad.

ATS