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Les nouveaux-nés, prématurés et enfants aux soins intensifs sont particulièrement à risque de septicémie (archives).

KEYSTONE/GAETAN BALLY

(sda-ats)

Les septicémies font partie des causes de mortalité les plus fréquentes chez les enfants en bas âge. Un tiers de ces infections sont contractées à l'hôpital, selon une enquête nationale réalisée par les cliniques pédiatriques suisses.

Les dix plus grands hôpitaux pédiatriques de Suisse ont étudié pendant quatre ans les causes et les effets des septicémies, en langage courant "empoisonnements du sang". Près de 1200 enfants de moins de 17 ans sont tombés malades au cours de la période considérée.

Ce travail, publié dans la revue britannique The Lancet Child & Adolescent Health, montre pour la première fois quels enfants tombent malades, à cause de quels germes, quelle est la gravité des infections et quelles en sont les conséquences, a indiqué l'Hôpital de l'Île à Berne mercredi dans un communiqué.

"D'une part, la septicémie concerne les enfants auparavant sains, avec des évolutions en partie très graves. D'autre part, un tiers de tous les cas de septicémie était dû aux bactéries avec lesquelles les enfants étaient entrés en contact au cours de leur séjour hospitalier", résume Philipp Agyeman, médecin en chef du Service de pédiatrie de l'hôpital bernois, cité dans le communiqué.

Mortalité de 7%

Sur 1181 cas d'infection du sang relevés, 382 (32%) ont touché des enfants précédemment sains, 402 (34%) des nouveaux-nés et 397 (34%) des enfants avec co-morbidité. Les enfants prématurés, ceux qui sont sous chimiothérapie et les enfants hospitalisés aux soins intensifs sont particulièrement à risque.

La bactérie fécale Escherichia coli (environ 20% des cas), le staphylocoque doré (15%), des staphylocoques à coagulase négative (11%) et le pneumocoque Streptococcus pneumoniae (10%) sont les principaux pathogènes, responsables de 57% des épisodes infectieux.

La mortalité a été de 7% sur l'ensemble de l'échantillon, soit 82 décès. Elle est de 11% chez les nouveaux-nés, 7% chez les enfants avec co-morbidité et 3% chez les enfants auparavant sains.

La prévention décisive

Les expériences faites dans d'autres pays montrent qu'une partie des cas de septicémie en Suisse aurait probablement pu être empêchée par une meilleure prévention, soulignent les auteurs.

"C'est surtout en faveur des prématurés et des nouveaux-nés ou des enfants avec une maladie sous-jacente que des mesures doivent être prises", affirme le Pr Christoph Berger, directeur de l'Hygiène hospitalière de l'hôpital pédiatrique de Zurich. Les séjours hospitaliers fréquents ou un cathéter veineux augmentent le risque d'infection nosocomiale.

D'autres indications concernant la septicémie infantile ont également été livrées par une base de données nationale d'échantillons sanguins créée au cours de l'enquête.

"Une analyse du génome des enfants concernés nous permet d'identifier les déficits immunitaires rendant les enfants particulièrement sensibles à une septicémie", explique le directeur de l'étude, le Pr Luregn Schlapbach, de Hôpital de l'Île.

Recherches complémentaires

La septicémie est une grave infection bactérienne pouvant conduire rapidement au dysfonctionnement des organes vitaux ou à la mort si elle n'est pas traitée. Plusieurs millions d’enfants par an en meurent dans le monde. En moyenne, un enfant contracte chaque jour en Suisse une infection potentiellement mortelle.

En coopération avec l'EPFL, des recherches complémentaires sur les causes génétiques favorisant une septicémie chez l'enfant sont planifiées. Les résultats devraient améliorer la prévention et la thérapie.

La "Swiss Pediatric Sepsis Study" a été menée dans les cliniques pédiatriques de Berne, Zurich, Aarau, Bâle, Coire, Genève, Lausanne, Lucerne et Saint-Gall ainsi qu'à l'Hôpital universitaire de Zurich de septembre 2011 à décembre 2015.

L'enquête est étroitement liée avec deux grands projets de recherche de l'UE - EUCLIDS et PERFORM - possédant la plus grande base de données au monde destinée à l'étude des facteurs génétiques de la septicémie infantile.

ATS