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Un récent numéro du magazine français Marie-Claire a été interdit en Thaïlande en raison de son caractère de lèse-majesté. L'édition de novembre 2015 évoquait les tumultes conjugaux du prince héritier Maha Vajiralongkorn, sujet tabou en Thaïlande.

"Tout magazine (de l'édition française de novembre 2015) sera confisqué ou détruit", stipule l'ordre de police publié vendredi soir dans la Gazette royale et signé du chef de la police Chaktip Chaijinda. Diffamer la famille royale dans le royaume de Thaïlande est passible de plusieurs années de prison.

Un porte-parole de la police s'est refusé samedi à toute précision, se référant seulement à une législation de 2007 autorisant le chef de la police nationale à interdire et détruire tout document diffamant la monarchie ou menaçant la "sécurité nationale".

Le prince héritier Maha Vajiralongkorn a divorcé de sa dernière épouse fin 2014. Depuis ce divorce, coïncidant avec une opération de nettoyage de l'entourage du prince, des proches de son ex-femme, la princesse Srirasmi, ont été condamnés à plusieurs années de prison pour diffamation de la famille royale, jusqu'à ses parents.

Et les remous de ce que les analystes décrivent comme une curée en vue de la préparation du prince à l'accession au trône n'en finissent pas, avec encore cette semaine la condamnation à 12 ans de prison d'un entrepreneur. Ce dernier est accusé d'avoir mis en avant ses bonnes relations avec l'oncle de Srirasmi pour s'enrichir.

Outrage au chien du roi

Depuis leur prise de pouvoir par un coup d'Etat en mai 2014, les militaires ont fait de la lutte contre le crime de lèse-majesté leur cheval de bataille, dans un contexte de grande incertitude liée à la succession du roi Bhumibol, 88 ans, toujours hospitalisé.

Les poursuites et condamnations pour lèse-majesté sont en hausse depuis le putsch. Un internaute est même en prison depuis fin 2015, poursuivi pour avoir manqué de respect au chien du roi sur Internet, une affaire révélatrice de la nervosité de la junte ultra-royaliste.

Le prince Maha Vajiralongkorn, qui vit la plupart du temps en Europe et est vu en Thaïlande à l'occasion de cérémonies officielles, mène une existence publique très discrète, à part de rares opérations censées asseoir son statut d'héritier comme des courses cyclistes en hommage à ses parents.

Son père a, lui, un statut de demi-dieu. Ce culte de la personnalité a encore été renforcé par les militaires depuis leur coup d'Etat mené au nom de la protection de la monarchie.

ATS