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Les vers de terre grignotent joyeusement des feuilles toxiques pour les autres herbivores, ce qui laissait jusqu'à aujourd'hui les scientifiques perplexes. Pour ce faire, ils disposent d'une arme secrète dans leur intestin.

Les vers de terre produisent des molécules appelées "drilodefensins" dans leur intestin, capables de contrecarrer les toxines végétales, selon une étude publiée mardi dans Nature Communications. Cette arme secrète de ces animaux indispensables à nos campagnes a été mise au jour par un examen moléculaire des fluides de leur intestin.

Les plantes produisent des produits chimiques, les polyphénols, qui agissent comme antioxydants et donnent aux plantes leur couleur. Mais ce sont aussi des boucliers naturels pour les végétaux qui cherchent à se défendre des herbivores en perturbant leur digestion.

On sait depuis longtemps que les vers de terre sont des spécialistes du recyclage. Ils mangent feuilles mortes et autres matières végétales et "recrachent" le carbone qu'ils enferment dans le sol, via le mucus. Mais leur tolérance aux polyphénols a longtemps été un mystère pour les scientifiques.

Absente chez les vers aquatiques

Une équipe dirigée par Jake Bundy et Manuel Liebeke de l'Imperial College London (ICL) a découvert la présence de drilodefensins dans les entrailles de 14 espèces de vers de terre, molécule absente dans celles de leur cousin, les sangsues ou les vers des eaux usées.

"Sans les drilodefensins, les feuilles mortes resteraient à la surface de la terre très longtemps, jusqu'à la formation d'une couche épaisse", soulignent les chercheurs. "Nos campagnes seraient méconnaissables, et l'ensemble du système de recyclage du carbone serait perturbé."

ATS