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WannaCry bloque l'ordinateur et réclame un paiement en Bitcoin pour récupérer les données.

KEYSTONE/EPA/RITCHIE B. TONGO

(sda-ats)

Après WannaCry, une autre attaque informatique massive a été découverte en début de semaine: Adylkuzz exploite les mêmes failles de sécurité que WannaCry. Il enrichit les pirates en créant de la monnaie virtuelle.

"On ne connaît pas encore l'ampleur (des dégâts) mais des centaines de milliers d'ordinateurs" pourraient avoir été infectés, a indiqué Robert Holmes, vice-président Produit chez Proofpoint. Il assure que l'attaque est "de bien plus grande envergure" que WannaCry et a débuté avant cette dernière, le 2 mai voire le 24 avril.

Proofpoint affirme avoir d'ailleurs détecté Adylkuzz en enquêtant sur WannaCry. Ce virus qui a frappé de très nombreux ordinateurs en fin de semaine dernière a notamment paralysé les services de santé britanniques et des usines du constructeur automobile français Renault.

Faille de Windows

Concrètement, Adylkuzz s'introduit dans des PC vulnérables grâce à la même faille de Windows utilisée par WannaCry, un problème détecté par la NSA (l'agence de sécurité nationale américaine) mais qui a fuité sur le net en avril. La divulgation des données avait été revendiquée par le groupe de pirates "Shadow brokers".

Le "malware" exploite alors l'ordinateur contaminé pour créer de façon invisible, des unités d'une monnaie virtuelle appelée Monero, comparable au Bitcoin.

Même si le Bitcoin, la plus connue des monnaies virtuelles, garantit un fort anonymat à ses utilisateurs, ses transactions restent traçables. Monero va elle encore plus loin dans l'opacité puisque la chaîne de transactions est complètement cryptée, ce qui en fait un outil prisé des pirates.

Attaque quasi-invisible

Avec Adylkuzz, les ordinateurs créent de la monnaie, "ce n'est pas de l'argent qui est volé" à qui que ce soit, résume Gérôme Billois, expert au cabinet Wavestone. L'attaque est quasi-invisible pour l'utilisateur, expliquent aussi les différents experts interrogés.

"Les symptômes de l'attaque sont un accès plus difficile aux contenus partagés Windows et un ralentissement des performances de l'ordinateur", précise Proofpoint dans une note de blog, selon laquelle l'attaque est toujours en cours.

Paradoxalement, cette attaque "est moins impactante que WannaCry pour les entreprises puisqu'elle n'entraîne pas d'interruption des services", poursuit Gérôme Billois. "Elle ne met pas les entreprises à genoux comme WannaCry" qui crypte les documents en exigeant une rançon pour les dévérouiller, ajoute-t-il.

WannaCry a frappé plus de 300'000 ordinateurs dans quelque 150 pays depuis vendredi, selon les autorités américaines. Des spécialistes de sécurité informatique estiment avoir découvert un lien potentiel entre la Corée du Nord. Et les attaques risquent bien de continuer, préviennent-ils aussi.

ATS

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