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Depuis le putsch raté en Turquie, la démocratie et l'Etat de droit sont mis à mal. La guerre et la violence règnent à nouveau dans le pays, en particulier dans la région kurde, écrivent les organisateurs.

Keystone/PETER KLAUNZER

(sda-ats)

Des milliers de personnes ont manifesté contre le président turc Recep Tayyip Erdogan samedi à Berne. Une banderole a suscité une réaction des autorités turques. Le ministre des affaires étrangères a appelé son homologue Didier Burkhalter.

Contacté par l'ats, le DFAE a confirmé que la consule générale de Suisse à Istanbul (Nathalie Marti, ndlr) a été convoquée à Ankara, l'ambassadeur n'étant pas présent dans la capitale turque. Le représentant du ministère turc des affaires étrangères lui a exprimé les protestations officielles de ses autorités. Il a en outre exigé une enquête de la Suisse afin que les responsables rendent des comptes.

De source officielle turque, le ministre des affaires étrangères Mevlüt Çavuşoğlu aurait par ailleurs appelé son homologue suisse Didier Burkhalter. Cette information a été confirmée par le DFAE.

Sur la banderole incriminée, on peut voir M. Erdogan visé par un pistolet, avec le slogan "Kill Erdogan with his own weapons". D'après une journaliste de l'ats sur place, elle aurait été introduite dans la manifestation par un groupe de quelque 150 autonomistes de gauche.

Dans un courriel, le porte-parole du DFAE Stefan von Below précise que les autorités compétentes examineront si les organisateurs du rassemblement ont respecté les conditions de l'autorisation de manifester, et si d'autres actes répréhensibles ont été commis.

"Répression aveugle"

Le rassemblement à Berne s'est déroulé pacifiquement. Des associations kurdes, le PS et les Verts notamment avaient appelé à la manifestation. Ils sont soutenus par une trentaine d'organisations dont l'Union syndicale suisse, Terre des Hommes Suisse ou le groupe pour une Suisse sans armée. Elles demandent la liberté, l'Etat de droit et plus de démocratie.

Depuis le putsch raté en Turquie, la démocratie et l'Etat de droit sont mis à mal. La guerre et la violence règnent à nouveau dans le pays, en particulier dans la région kurde, écrivent les organisateurs sur un flyer.

Des milliers de personnes qui critiquent le chef de l'Etat Recep Tayyip Erdogan et son parti risquent de perdre leur travail, voire leur liberté. "Il faut mettre un terme à la répression aveugle contre ceux qui pensent différemment" en Turquie, a lancé le conseiller aux Etats Paul Rechsteiner (PS/SG), évoquant une vague répressive sans précédent.

La Turquie est au seuil du régime autocratique, estiment les organisateurs. Les participants se sont montrés solidaires envers les personnes poursuivies et les prisonniers en Turquie.

Nombre d'orateurs appartenant à des associations ou organisations kurdes s'engagent pour un "non" le 16 avril, jour où les citoyens turcs devront se prononcer sur une modification constitutionnelle qui étendrait les pouvoirs présidentiels.

"Dialogue constructif"

Cette manifestation s'est tenue deux jours après une rencontre entre le conseiller fédéral Didier Burkhalter et le ministre turc des affaires étrangères Mevlüt Çavuşoğlu, en marge d'une visite de ce dernier à son ambassade. La rencontre avait été organisée à la dernière minute au Palais fédéral à la demande d'Ankara.

Il faut "mener un dialogue intensif, très direct, à tous les niveaux avec les responsables turcs", avait soutenu M. Burkhalter peu avant de recevoir son homologue turc à Berne.

ATS

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