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La puissante explosion s'est produite près du siège de la Banque du Liban et d'Outre-mer (Blom Bank), une des plus importantes du Liban, près du quartier commerçant de Verdun à Beyrouth.

KEYSTONE/AP/HUSSEIN MALLA

(sda-ats)

Un attentat a "visé" dimanche soir une importante banque à Beyrouth sans faire de victimes. Il s'agit de la première attaque contre le secteur bancaire qui constitue le pilier de l'économie libanaise.

La puissante explosion s'est produite près du siège de la Banque du Liban et d'Outre-mer (Blom Bank), une des plus importantes du pays, près du quartier commerçant de Verdun. Le ministre de l'Intérieur Nouhad al-Machnouk a affirmé que "la bombe a été placée devant la façade arrière de la Blom Bank", ajoutant qu'il était "clair" que la banque était visée.

La charge de la bombe était "de trois ou quatre kilogrammes", a-t-il indiqué. Toute la façade en verre de la banque a été soufflée et des débris recouvraient le sol, selon la correspondante de l'AFP qui a vu plusieurs voitures endommagées. Un responsable de la Défense civile a affirmé qu'une personne a été légèrement blessée.

Autre style

Le dernier attentat au Liban remonte au 12 novembre dernier. Il avait fait 44 morts dans la banlieue sud de Beyrouth et avait été revendiqué par le groupe djihadiste Etat islamique (EI). Le Liban a connu une série d'assassinats et d'attentats imputés soit au régime syrien soit aux djihadistes combattant en Syrie voisine, mais c'est la première fois qu'une banque est ainsi visée.

"Cette explosion n'a rien à voir avec les précédents attentats" des dernières années, a affirmé le ministre Machnouk à la chaîne locale LBCI. Et de souligner que le style était "différent" et qu'il n'y avait "pas de victimes".

Interrogé par la presse, le directeur général de la Blom Bank, Saad al-Azhari, a nié avoir reçu des menaces.

Loi américaine

Un dirigeant druze Walid Jumblatt a lié l'attentat aux récentes tensions à propos d'une loi américaine. Celle-ci sanctionne toute banque traitant avec le Hezbollah, un groupe armé considéré comme "terroriste" par Washington.

"Nous sommes entrés dans un cycle d'attentats", a-t-il dit à la chaîne LBC, appelant à mettre "une feuille de route entre le Hezbollah et les banques" pour calmer la situation. L'explosion de dimanche est "un coup adressé à l'économie et au système bancaire", a-t-il encore dit au quotidien local An-Nahar.

"J'ai appelé à un dialogue calme au sujet des sanctions américaines (...) certains ne veulent pas dialoguer ... mais il faut préserver le système bancaire", a-t-il ajouté, sans formuler d'accusation.

Ire du Hezbollah

Les banques sont considérées comme le secteur le plus solide et un facteur de stabilité au Liban, pays paralysé par une crise institutionnelle depuis deux ans. Ce petit pays méditerranéen, aux infrastructures bancales, a accueilli plus d'un million de réfugiés syriens, soit le quart de la population.

Le texte de loi américain (Hezbollah International Financing Prevention Act of 2015) ordonnerait au président américain de prescrire des réglementations afin de sanctionner les institutions financières étrangères qui feraient des transactions avec le Hezbollah ou blanchiraient des fonds pour l'organisation.

Une circulaire de la Banque du Liban (Banque centrale) publiée le 3 mai demande aux banques et institutions financières "d'opérer en conformité avec la loi américaine". Cette circulaire avait provoqué l'ire du Hezbollah.

Sanctions

Le 13 mai, il accusait le gouverneur de la Banque centrale, Riad Salamé, de "se plier" aux demandes de Washington. Cela "risque d'aggraver davantage la crise monétaire et de pousser le pays à la faillite", avait averti le bloc parlementaire du Hezbollah.

Il avait appelé M. Salamé à "réviser ses circulaires afin qu'elles soient conformes à la souveraineté nationale" et le gouvernement à "prendre les mesures appropriées pour éviter leurs répercussions négatives".

Les Etats-Unis ont imposé ces dernières années des sanctions contre plusieurs responsables du Hezbollah, qui combat les rebelles et les djihadistes en Syrie aux côtés du régime de Bachar al-Assad.

ATS