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Une ex-étoile montante de la Silicon Valley accusée d'escroquerie

Elizabeth Holmes, fondatrice de Theranos, a notamment accepté de payer une amende de 500'000 dollars soit environ 473'000 francs (archives).

KEYSTONE/AP/JEFF CHIU

(sda-ats)

Theranos et sa patronne Elizabeth Holmes, un temps vue comme une étoile montante de la Silicon Valley, prétendaient révolutionner les analyses sanguines. Ils ont en fait trompé les investisseurs pour lever des centaines de millions de dollars.

La SEC, le gendarme boursier américain, a accusé mercredi Theranos, sa dirigeante et fondatrice Elizabeth Holmes et son ancien président Ramesh Balwani, d'être parvenus à lever "plus de 700 millions de dollars auprès d'investisseurs au travers d'une fraude élaborée qui a duré plusieurs années, pendant lesquelles ils ont exagéré ou menti à propos de la technologie, des activités et des performances financières de l'entreprise" de biotechnologie.

Ce dénouement, que la SEC présente comme une "leçon" pour la Silicon Valley, vient acter la chute d'Elizabeth Holmes. Certains la comparaient à Steve Jobs, le défunt patron et fondateur d'Apple.

En lançant Theranos en 2003, à 19 ans, elle promettait des diagnostics plus rapides et moins chers que ceux des laboratoires traditionnels aux Etats-Unis. Cela grâce à des méthodes présentées comme révolutionnaires, permettant jusqu'à 200 analyses avec une toute petite quantité de sang.

Mais une série d'articles parus fin 2015 dans le Wall Street Journal avait commencé à semer le doute sur la véracité de ces affirmations. Quelques mois plus tard, le ministère de la Santé avait lui aussi fait part de ses réserves.

En réalité, affirme la SEC dans son communiqué mercredi, le système vanté par la startup -basée à Palo Alto- "ne permettait de réaliser qu'une toute petite quantité de tests. La société réalisait l'immense majorité des tests des patients avec d'autres dispositifs fabriqués par d'autres" entreprises.

"Dire la vérité"

Theranos, Mme Holmes et M. Balwani avaient même affirmé que leurs produits étaient utilisés par le ministère américain de la Défense sur le terrain en Afghanistan et que l'entreprise aurait un chiffre d'affaires de 100 millions de dollars en 2014. En fait, le gouvernement n'a jamais utilisé ces produits et Theranos a dégagé en 2014 un revenu de 100'000 dollars (94'500 francs au cours du jour).

Theranos et Elizabeth Holmes ont signé avec la SEC un accord aux termes desquels la dirigeante accepte de payer une amende de 500'000 dollars (473'000 francs), de céder le contrôle de l'entreprise et de ne plus avoir le droit de diriger une entreprise cotée pendant dix ans.

Elle devra aussi rendre à Theranos près de 19 millions d'actions qu'elle détient dans la startup, qui était encore valorisée à près de 10 milliards de dollars en 2014. Cet accord, qui ne vaut pas aveu, n'empêche pas des poursuites judiciaires. L'ancien président Ramesh Balwani sera poursuivi en justice par la SEC en Californie.

"L'entreprise se réjouit de voir se clore cette affaire et a hâte de faire progresser sa technologie", ont indiqué dans un communiqué les "membres indépendants" du conseil d'administration de Theranos.

Nombreux licenciements

Sur la sellette depuis plus de deux ans, Theranos avait frôlé le dépôt de bilan et licencié l'an dernier 155 personnes, près de la moitié de ses effectifs. A fin 2016, la société avait dû fermer laboratoires et centres, mettant au chômage du même coup 340 salariés.

La chute d'Elizabeth Holmes, jeune femme blonde à l'esprit combatif et brillant, est d'autant plus marquante qu'elle figura en 2015 sur la liste des 100 personnalités les plus influentes de la planète du magazine Time. Sa fortune était en 2014 évaluée à 3,6 milliards de dollars par le magazine Forbes, faisant d'elle la plus jeune milliardaire n'ayant pas hérité de sa fortune.

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