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Rarement initiative aura autant concentré les oppositions que le texte "ProServicePublic" soumis au peuple le 5 juin. Il suffit de voir la composition du comité d'opposants dont le spectre va des syndicats à economiesuisse, via les villes ou des consommateurs.

L'initiative ne renforcera pas les services publics, mais les affaiblira, a fait valoir cette large coalition en lançant sa campagne lundi devant les médias à Berne. Elle a renvoyé les initiants face aux contradictions de leur texte.

Ces derniers, parmi lesquels on trouve des organisations de consommateurs comme Bon à Savoir et ses équivalents alémanique K-Tipp et tessinois Spendere Meglio, exigent que les sociétés assurant des prestations de service public ne doivent pas viser de but lucratif ou effectuer de subventionnements croisés. Les salaires de leur personnel ne doivent en outre pas dépasser ceux des employés de la Confédération.

Zéro soutien

Au Parlement, leur texte n'a pas trouvé un seul conseiller aux Etats ni même conseiller national pour le soutenir. Et l'opposition va bien au-delà des partis, puisqu'on retrouve dans le comité, dirigé par le Groupement pour les régions de montagne (SAB) et l’Association des communes, les autorités cantonales, celles des Villes, economiesuisse, l’Union des paysans, la Fédération du tourisme, le Forum des consommateurs ou les syndicats transfair et Travail.Suisse.

En interdisant à la Poste, à Swisscom et aux CFF de réaliser des bénéfices, cette initiative réduira la marge de manoeuvre dont bénéficient ces entreprises. "Sans bénéfices, les sociétés concernées ne pourront plus procéder à des investissements pour maintenir et développer leurs infrastructures", a relevé Hannes Germann, conseiller aux Etats (UDC/SH) et président de l’Association des communes.

Pire: M. Germann craint un manque à gagner de près d'un milliard de francs pour les caisses de la Confédération, des cantons et des communes. Ces derniers ne pourront plus compter sur les dividendes et l’impôt sur le bénéfice versés par les entreprises en question.

Point comme nous

Le comité d'opposants voit d'autant moins d'intérêt à changer un système qui fonctionne mieux que bien. "En comparaison internationale, la Suisse dispose d’un excellent service universel", a déclaré Isidor Baumann, conseiller aux Etats (PDC/UR) et président du SAB.

Aucun autre pays d’Europe ne dispose d’un réseau aussi dense en matière de transports publics régionaux et de points d’accès postaux, cela sans compter l'accès au haut débit à chaque ménage et entreprise. Pour Babette Sigg, présidente du KF, l'affirmation des initiants selon laquelle les consommateurs ne seraient pas satisfaits des prestations délivrées par le service public ne reflète pas la réalité.

Et Mme Sigg de citer des analyses indépendantes menées chaque année qui démontrent que la grande majorité des usagers de la Poste, des CFF et de Swisscom sont contents des services fournis. D'ailleurs l'initiative ne comprend aucune mesure constructive destinée à améliorer le service public.

Milliers d'emplois en danger

Les représentants syndicaux du comité d'opposants mettent eux le doigt sur les menaces sur l'emploi que l'initiative fait peser. En cas d’interdiction de réaliser des bénéfices, ces entreprises ne pourront plus maintenir les bonnes conditions de travail fournies actuellement, a indiqué Stefan Müller-Altermatt, conseiller national (PDC/SO) et président de l’association du personnel transfair.

A long terme, ce sont des milliers d’emplois qui risquent de disparaître sur la centaine de milliers que comptent les trois ex-régies. Le plafonnement des salaires affaiblira la compétitivité des entreprises concernées : "Le recrutement de spécialistes sera fortement compliqué", a encore rappelé Stefan Müller-Altermatt.

Selon Cristina Gaggini, directrice romande d’economiesuisse, c'est carrément la prospérité du pays que l'initiative menace. Sans bénéfice, il n’est plus possible d’introduire des innovations et d’effectuer des investissements pour assurer l’avenir.

ATS