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Bougies allumées à la main, des milliers de Polonais se sont rassemblés dimanche devant les tribunaux de leur pays pour défendre leur indépendance.

KEYSTONE/EPA PAP/BARTHOMIEJ ZBOROWSKI

(sda-ats)

Bougies allumées à la main, des milliers de Polonais se sont rassemblés dimanche soir devant les tribunaux de leur pays pour défendre leur indépendance. Elle est menacée selon eux par trois lois, dont l'une sur la Cour Suprême.

"Constitution, Constitution!" scandaient quelques milliers de personnes devant la Cour suprême à Varsovie. "Nous voulons le veto (présidentiel). Tribunaux libres! Liberté, égalité, démocratie!"

"Nous sommes venus spécialement avec un groupe de 14 personnes de Wroclaw pour protester contre la prise de contrôle des tribunaux", a raconté une jeune femme de 29 ans, docteur en chimie. "Nous voulons appeler le président à utiliser son veto, même si nous n'y croyons pas trop".

"C'est un moment historique pour notre pays", a renchéri son ami de 30 ans, lui aussi chimiste. "Il faut se battre pour les tribunaux libres, pour la démocratie".

Dans plusieurs villes

Les manifestants, parmi lesquels un nombre croissant de jeunes par rapport aux protestations précédentes, lèvent haut leurs bougies allumées lorsque le texte du préambule de la Constitution est lu sur une scène installée devant la Cour Suprême.

Ils agitent des drapeaux polonais et européens, ainsi que les roses blanches, symbole de ce mouvement civique né en réaction aux réformes qui viennent s'ajouter à celle, déjà ancienne, du Tribunal Constitutionnel. Il s'agit de trois textes récents, dont celui sur la Cour suprême, introduits par le parti conservateur Droit et Justice (PiS), dirigé par Jaroslaw Kaczynski.

Des manifestations similaires étaient tenues dimanche dans une centaine de villes de province, selon des médias proches de l'opposition, sans qu'on puisse connaître leur ampleur.

Mise en suspens demandée

Depuis plusieurs jours, dans toute la Pologne des groupes de manifestants demandent au chef de l'Etat Andrzej Duda, lui-même issu du PiS, d'opposer son veto à la réforme de la Cour suprême. Le chef de l'Etat a 21 jours pour promulguer la loi ou la refuser.

Certains aspects de cette loi votée très rapidement jeudi par la chambre basse et vendredi par le sénat sont jugés inconstitutionnels par l'opposition, des organisations, des magistrats, l'Union européenne et le département d'Etat américain.

Le PiS, majoritaire à la chambre basse et au sénat, défend ses réformes, indispensables à ses yeux pour rationaliser le système judiciaire et combattre la corruption.

La Commission européenne a sommé Varsovie de les "mettre en suspens", agitant la menace de possibles sanctions pouvant aller jusqu'à la suspension de ses droits de vote du pays au sein de l'UE.

ATS