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Le syndicat Unia a dénoncé jeudi à Genève le démarchage d'une société polonaise. Celle-ci propose des travailleurs bon marché aux entreprises locales du bâtiment. Un cas qui est loin d'être isolé, selon le syndicat.

La société polonaise recommande ses employés "très qualifiés" au tarif de 11 euros de l'heure (12 francs), TVA et charges sociales comprises, une offre encore négociable, selon le courriel publié par le syndicat Unia. Cette sous-enchère est "rendue possible par un système de protection des salariés très largement insuffisant", a affirmé Unia.

Pour le syndicat, les carences du dispositif légal mettent à disposition du patronat une main-d'oeuvre bon marché et dont la précarité assure la docilité. Unia décrit toute une série de mécanismes pour réduire le coût de la main-d'oeuvre suisse.

Il cite les externalisations à des sous-traitants, l'utilisation d'intérimaires et de travailleurs détachés. Ces derniers se succèdent par périodes de 90 jours sur les chantiers "et peuvent être payés quelques euros par jour".

Entreprises étrangères

A Genève, selon Unia, nombre de chantiers sont assurés par des entreprises étrangères qui paient le salaire en vigueur dans le pays d'origine. Elles donnent pour consigne aux employés de ne pas divulguer leurs revenus et fournissent des fiches de salaire indiquant les salaires suisses à l'intention des contrôleurs et des syndicats, a affirmé Unia.

Une autre méthode consiste à inscrire les ouvriers comme "indépendants". "Les entreprises viennent pour des travaux, par exemple de 6 mois, mais comme les travailleurs détachés ne peuvent rester que 90 jours, elles les font oeuvrer la nuit, le samedi, le dimanche sans autorisation. Comme ces entreprises savent qu’elles n’auront pas l’autorisation, elles vont jusqu’à budgétiser les amendes, celles-ci leur revenant moins cher que de respecter les salaires locaux", affirme Unia.

Bienveillance tacite

"Cette déviance a été rendue possible par la bienveillance de toute la chaîne économique du bâtiment: autant les entreprises sous-traitantes que les maîtres d’ouvrage (parmi lesquels les collectivités publiques) ferment pieusement les yeux sur des devis irréalistes, ceci à seule fin d’obtenir le travail à moindre coût", écrit le syndicat.

Pour faire cesser ce "jeu de dupe", Unia réclame le renforcement des mesures d'accompagnement. Il exige aussi des négociations avec la Société suisse des entrepreneurs (SSE) pour inscrire dans la convention collective de la construction des mesures efficaces de protection contre la sous-enchère et un dispositif de limitation du recours aux travailleurs temporaires.

ATS