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Interrogé sur BFM TV/RMC, Manuel Valls (c) a annoncé qu'il voterait pour Emmanuel Macron (d) (archives).

KEYSTONE/AP/REMY DE LA MAUVINIERE

(sda-ats)

Nouveau rebondissement dans la campagne présidentielle française, l'ex-Premier ministre socialiste Manuel Valls a annoncé qu'il voterait pour Emmanuel Macron face au "risque de victoire" de l'extrême droite. Il tourne ainsi le dos au candidat de son propre camp.

"Je prends mes responsabilités (...) parce que je pense qu'il ne faut prendre aucun risque pour la République", a affirmé mercredi le finaliste malheureux de la primaire socialiste sur BFMTV. Cela alors que les sondages prédisent un face-à-face entre Emmanuel Macron et la candidate de l'extrême droite Marine Le Pen au second tour de la présidentielle, le 7 mai.

M. Valls a expliqué sa décision "face à la crise de la gauche et la marginalisation de notre candidat Benoît Hamon", vainqueur de la primaire socialiste désormais en cinquième position dans les sondages, et "face à l'effondrement moral de la candidature de François Fillon", le candidat de la droite empêtré dans les affaires judiciaires.

Merci prudent de Macron

Après le ralliement du ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian, le soutien de Manuel Valls renforce le candidat centriste. A 39 ans, l'ex-ministre de l'Economie de François Hollande attire les foules dans ses meetings et accumule des soutiens à gauche comme à droite de l'échiquier politique.

Soucieux de ne pas apparaître comme l'héritier d'un quinquennat socialiste impopulaire, M. Macron a prudemment "remercié" M. Valls de son soutien sur la radio Europe 1, tout en assurant qu'il serait "le garant du renouvellement des visages, du renouvellement des pratiques". Sa porte-parole Laurence Haïm a souligné que M. Macron "ne gouvernerait pas" avec M. Valls.

"Sabotage"

Le soutien de M. Valls à Emmanuel Macron est un coup dur supplémentaire pour Benoît Hamon, tenant de l'aile gauche du PS, qui plafonne dans les derniers sondages aux alentours de 10 à 11%, derrière le chef de file de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon.

Le candidat socialiste avait anticipé cette annonce dès dimanche, en dénonçant à l'avance un "ralliement" à M. Macron en forme de tentative de "mise à mort".

Plusieurs figures du PS ont également fustigé la prise de position de l'ex-Premier ministre, qualifiée tour à tour mercredi de "tentative de sabotage" et de "comportement minable".

Parti "déchiré"

"Qui a fait le choix de ne pas occuper une position centrale après la primaire, de ne pas rassembler toute la gauche progressiste?", a répliqué Manuel Valls, en confirmant l'existence d'une fracture au sein du parti socialiste, "déchiré entre deux candidatures", celle de MM. Hamon et Macron.

Marine Le Pen a de son côté qualifié le soutien de Manuel Valls à Emmanuel Macron de marque d'"indécence" et la preuve, selon elle, que le candidat d'En marche ! incarne la perpétuation du quinquennat de François Hollande.

La candidate de l'extrême droite est elle aussi visée par des enquêtes, également pour des soupçons d'emplois fictifs - mais au Parlement européen -, et d'éventuelles fraudes sur le financement de campagnes électorales de son parti. Mais selon elle, "c'est du vent", comme elle l'a affirmé lors d'un débat télévisé mardi soir.

ATS

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