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Wayde van Niekerk a bien la taille XXL. Sans forcer son immense talent, le Sud-Africain a remporté à Londres son 2e titre mondial sur 400 m, prélude probable à un doublé 200-400 m.

Vu sa démonstration, à la fois tout en souplesse, en puissance et en relâchement sur la fin, l'athlète de Pretoria partira encore favori de la finale du 200 m, jeudi. Comme pour se préserver en vue de ce rendez-vous, il a terminé "facile" mardi, en 43''98, à 0''95 de son record du monde établi en finale des JO de Rio l'été dernier, où il s'était élancé au peu avantageux couloir 8.

Il n'était de toute façon pas question pou lui de s'attaquer à ce record en ce mardi. Les conditions atmosphériques étaient beaucoup trop fraîches dans le stade olympique. Van Niekerk, lucide et intelligent, a contrôlé ses adversaires, notamment le Bahaméen Steven Gardiner, 2e en 44''41, et le Qatarien Abdalelah Haroun, médaillé de bronze (44''48).

Le Botswana repart défait. Avec Isaac Makwala et Baboloki Thebe, ce pays d'Afrique australe avait deux médaillés potentiels. Mais Makwala a été mis sur le flanc par une intoxication alimentaire, et Thebe a échoué au pied du podium. Reste que ce tour de piste a signifié une passation de pouvoir: le 400 m, longtemps chasse gardée des Etats-Unis, passe désormais en main africaine. Et peut-être pour longtemps.

Car van Niekerk est parti pour durer. Il est le seul homme au monde à courir le 100 m en moins de 10'', le 200 m en moins de 20'' et le 400 m en moins de 44''. Entraîné par une arrière grand-mère, la vénérable Ans Botha, 75 ans, van Niekerk est sur les rails pour devenir une star planétaire un peu à la Usain Bolt. Il n'a pas encore le charisme du Jamaïcain, étant beaucoup plus discret, avec sa voix douce. Mais c'est une autre autre forme de magnétisme. Et il est relativement nouveau.

Van Niekerk est un phénomème depuis ses premiers jours. A sa naissance, ce bébé prématuré, né après 29 semaines de gestation, pesait 1,1 kilo. "Il a dû se battre pour survivre dès les premières minutes. Cela l'a rendu plus fort", a expliqué sa mère.

En cas de doublé 200-400 m, van Niekerk deviendrait le premier homme à réussir cette prouesse après Michael Johnson (USA), aux Mondiaux 1995 et aux JO 1996.

Renaud Lavillenie est maudit. Pour la cinquième fois d'affilée, le Français, souvent intouchable à la perche, a échoué à conquérir le titre mondial, le seul qui manque à son palmarès. Le champion olympique et recordman du monde (6m16), devenu père il y a un mois, est il est vrai tombé cette fois sur des hommes au sommet de leur art. L'Américain Sam Kendricks s'est imposé avec 5m95, devant le Polonais Piotr Lisek (5m89). Lavillenie a aussi franchi 5m89 mais il est devancé par Lisek aux essais.

Le sacre de Kendricks, lieutenant dans l'armée US, est dans la logique des choses, sachant qu'il est entré dans le cercle exclusif des 6 m cette saison, où il aura dominé Lavillenie dès le début. Le Français aurait pu écrire l'histoire, quelques minutes après le sacre de son compatriote Pierre-Ambroise Bosse. Il aura laissé l'honneur à ce dernier.

ATS