Le gouvernement vénézuélien admet près de 6900 victimes d'exécutions extrajudicaires entre janvier 2018 et fin mai dernier, selon l'ONU. L'organisation dit avoir documenté plus de 60 morts dans les manifestations de janvier dernier à fin mai.

Dans un rapport publié jeudi à Genève, le Haut-Commissariat aux droits de l'homme se dit "choqué" par le nombre d'exécutions extrajudiciaires lors des interventions de sécurité revendiquées par le gouvernement. Les autorités vénézuéliennes font part de près de 5300 tués en 2018 et plus de 1500 entre janvier et fin mai, explique-t-il.

"D'autres sources laissent penser que les données pourraient être plus élevées" encore, ajoute ce rapport très attendu qui doit être discuté vendredi matin au Conseil des droits de l'homme. Une ONG mentionne notamment un nombre de victimes environ une fois et demie plus important.

Parmi la soixantaine de décès liés aux manifestations face à la crise politique et économique depuis janvier, le bureau de Michelle Bachelet attribue plus de 50 victimes aux forces de sécurité ou aux milices armées favorables au gouvernement du président Nicolas Maduro. Sur la même période, celui-ci n'a mentionné lui que 29 décès, moins de la moitié du total évoqué par le Haut-Commissariat.

Le rapport, mandaté par le Conseil des droits de l'homme, a été établi sur près de 560 témoignages. Mme Bachelet appelle "tous ceux qui ont du pouvoir et de l'influence" au Venezuela et sur la scène internationale à trouver des "compromis".

Centaines de détenus

A la fin mai, plus de 790 opposants restaient détenus arbitrairement, selon une ONG. Des mauvais traitements et de la torture, des violences sexuelles en détention et un recours excessif à la force sont à nouveau dénoncés par le Haut-Commissariat.

Mme Bachelet s'était rendue récemment à Caracas. Elle avait rencontré M. Maduro mais aussi le président autoproclamé Juan Guaido. Elle avait obtenu l'envoi de deux membres de son bureau pour surveiller la situation des droits de l'homme.

Depuis, elle a demandé des investigations après le décès en détention d'un militaire qui aurait été victime de torture. Elle a aussi demandé la libération de toutes les personnes détenues arbitrairement.

Crainte de représailles

Autre problème, selon le rapport, peu de personnes déposent plainte parce qu'elles craignent des représailles. Et le Haut-Commissariat de reprocher au ministère public vénézuélien de ne pas avoir honoré ses obligations d'investigations et de poursuites des responsables de violations des droits de l'homme.

L'Etat n'a pas réussi à garantir de la nourriture et un accès à la santé, dit aussi le rapport. Certains l'accusent d'en priver certaines personnes parce qu'elles ne le soutiennent pas. Plus de 1500 personnes seraient décédées dans les centres de santé entre novembre et février. La crise politique et économique a fait plusieurs millions de réfugiés.

Fin des unités d'élite exigée

Le Haut-Commissariat appelle le gouvernement à accepter qu'il ouvre un bureau permanent au Venezuela et demande des investigations indépendantes sur toutes les violations présumées de droits de l'homme.

Il souhaite la fin des unités d'élite de la police responsables des exécutions extrajudiciaires. Des investigations sur ces abus doivent être menées par un mécanisme national, soutenu par la communauté internationale, affirme l'ONU.

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