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Pour disperser les opposants au gouvernement vénézuélien qui manifestaient dans l'est de Caracas, les forces de l'ordre ont notamment fait usage de gaz lacrymogène.

KEYSTONE/EPA EFE/MIGUEL GUTIERREZ

(sda-ats)

Des affrontements ont éclaté jeudi à Caracas entre les forces de sécurité et les manifestants de l'opposition. Les protestataires continuent de se mobiliser malgré les violences entourant leurs rassemblements: 91 personnes y ont perdu la vie en trois mois.

La Cour suprême (TSJ), accusé de servir les intérêts de gouvernement socialiste, était cette fois la cible des manifestants. Ces derniers exigent le départ du président Nicolas Maduro dans un contexte de profonde crise économique.

Les opposants ont tenté de rejoindre le bâtiment du TSJ mais ont été repoussés puis dispersés dans l'est de Caracas avec des gaz lacrymogènes, lancés jusqu'à l'intérieur d'un centre commercial très fréquenté. De nombreuses personnes, dont des enfants et des personnes âgées, ont souffert des effets de ces gaz, certaines d'entre elles se sont évanouies, a constaté un journaliste de l'AFP.

Agression condamnée

Cette manifestation survient au lendemain de la violente irruption dans l'enceinte du Parlement, unique institution du pays contrôlée par l'opposition, de partisans du président Maduro. Ces pro-chavistes ont blessé sept élus avant de séquestrer pendant neuf heures des députés et des journalistes.

L'agression a été condamnée par Nicolas Maduro qui a promis une enquête, ainsi que par l'Union européenne, les Etats-Unis, la France et l'Organisation des Etats américains (OEA).

"Aujourd'hui cela a encore plus de sens de descendre dans la rue, après l'assaut paramilitaire mené au Parlement", a affirmé le maire d'opposition David Smolansky.

Porte fermée

Même s'il bénéficie du soutien de l'armée, M. Maduro est sous pression, très impopulaire dans le pays et critiqué jusque dans son propre camp par la procureure générale Luisa Ortega, dont la Cour suprême pourrait bientôt prononcer la destitution.

Dans un nouveau signe de défi au gouvernement, Mme Ortega a empêché jeudi l'entrée au ministère public de Katherine Haringhton, avocate chaviste nommée mardi vice-procureure et appelée à la remplacer si elle est destituée. Arrivée par surprise au siège du parquet, dans le centre de Caracas, elle a trouvé le portail fermé et n'a ainsi pas pu prendre ses nouvelles fonctions.

Mme Haringhton, sanctionnée en 2015 par les Etats-Unis pour violation des droits de l'homme, a défendu son indépendance: "Je m'engage à faire respecter les lois. Ceci n'est pas un Etat hors-la-loi", a-t-elle promis, patientant 20 minutes face aux portes closes du ministère public, avant de rebrousser chemin.

ATS