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Le Parlement préfère le contre-projet à l'initiative Pro Velo (photo symbolique).

KEYSTONE/CHRISTIAN BEUTLER

(sda-ats)

Le vélo a de bonnes chances d'être inscrit dans la Constitution. Après le Conseil des Etats, le National débat jeudi de l'initiative Pro Velo. Une majorité des partis penche pour un contre-projet moins contraignant.

Le contre-projet direct du Conseil fédéral reprend les buts de l'initiative. Il encourage la création d'un réseau de voies cyclables en Suisse, mais sans mesures contraignantes pour les cantons et les communes. La Confédération pourra, mais ne devra pas, coordonner la promotion du vélo.

"Tout le monde s'accorde sur les bienfaits de la petite reine, que ce soit pour résoudre les problèmes de trafic en milieu urbain, pour la santé et pour l'environnement", a résumé pour la commission Jacques-André Maire (PS/NE). Il sera ainsi possible d'étendre le réseau deux-roues et d'améliorer la sécurité des usagers, a-t-il ajouté.

Stratégie globale

Déposée en mars 2016, l'initiative "Pour la promotion des voies cyclables et des chemins et sentiers pédestres" veut mettre sur pied d'égalité l'aménagement destiné aux cyclistes et celui réservé aux piétons.

Aujourd'hui, il manque une stratégie d'ensemble qui inclut le vélo au quotidien et pendant les loisirs, a plaidé Regula Rytz (Verts/BE). "Si on veut reconnaître le rôle de la bicyclette, il faut s'en donner les moyens et donner plus de compétences à la Confédération", a complété Lisa Mazzone (Verts/GE).

Mais plusieurs orateurs se sont justement montrés hostiles à trop de compétences données à la Berne fédérale. "On s'ingère trop avant dans les compétences cantonales et communales", selon Thomas Hurter (UDC/SH).

Pour lui, tant l'initiative que le contre-projet n'apportent pas un réel bénéfice. Il craint plutôt une augmentation des conflits entre piétons et cyclistes. "Où va-t-on construire les pistes cyclables en ville sans mordre sur les trottoirs", s'est-il demandé. Son collègue de parti Manfred Bühler (UDC/BE) s'est lui inquiété d'une explosion des coûts.

Cantons et villes respectés

Certes aujourd'hui, certains cyclistes montrent un peu d'incivilité en ville, a reconnu Kurt Fluri (PLR/SO). "Mais il faudra bien prévoir une coexistence des uns avec les autres et les villes se sont déjà lancées dans des projets encourageant la circulation à vélo", a-t-il rappelé.

Pour lui, la formule potestative est très importante, car elle respecte justement l'autonomie des collectivités locales. La mise en oeuvre du nouvel article constitutionnel pourra se faire via une révision de la loi sur les chemins de randonnée et les sentiers.

Le contre-projet est soutenu par de nombreuses associations, dont le TCS. Son coût est modeste pour la Confédération: un peu plus d'un million de francs par année et 1,5 poste équivalent plein temps, ont rappelé les rapporteurs de commission. Le nouveau Fonds pour les routes nationales et le trafic d'agglomération (FORTA) pourra être utilisé dans le cadre du trafic d'agglomération.

Les initiants ont indiqué adhérer à la proposition du Conseil fédéral, un retrait de leur texte n'est donc pas exclu.

Le débat se poursuit.

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ATS