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La Suisse devrait continuer de prêter main forte à la Force internationale KFOR au Kosovo (archives).

KEYSTONE/CHRISTIAN BEUTLER

(sda-ats)

Les militaires suisses devraient continuer d'oeuvrer à la stabilité du Kosovo jusqu'à fin 2020. Les effectifs devraient toutefois être réduits progressivement. Le Conseil des Etats a donné son aval lundi par 33 voix contre 4. Le National doit encore se prononcer.

L'engagement de la Swisscoy au sein de la force multinationale de promotion de la paix KFOR doit se poursuivre afin de consolider les acquis sur le terrain. Si la situation sécuritaire s'est stabilisée au centre et dans le sud du Kosovo, elle reste plus fragile dans le nord du pays, a souligné le ministre de la défense Guy Parmelin.

Le pays doit en outre encore faire face à des défis majeurs dans la mise en place de structures de sécurité étatiques. Cela vaut tant pour la police que pour les forces armées. Les Etats européens attendent de la Suisse qu'elle fasse preuve de solidarité et apporte sa contribution.

Une présence militaire reste nécessaire même si les missions ne sont pas strictement militaires, a souligné Isidor Baumann (PDC/UR) au nom de la commission, tout en rappelant l'intérêt de la Suisse à la stabilité de la région.

Depuis 2002, les soldats helvétiques peuvent être armés pour leur autodéfense. Le Conseil fédéral peut en outre à tout moment décider de mettre fin prématurément à cet engagement.

Baisse des effectifs

La KFOR a réduit ses effectifs depuis 1999. Il n'y a plus que 4650 militaires engagés, contre plus de 50'000 au départ.

La Suisse va suivre le mouvement. L'effectif de la Swisscoy, qui est actuellement de 235 militaires au maximum, sera ramené à 190 soldats dès avril 2018, puis à 165 dès octobre 2019. Il est prévu de réduire les prestations logistiques et les moyens lourds dans le domaine du transport et du génie.

La recherche d'informations et de renseignements ainsi que le transport aérien demeureront en revanche des tâches essentielles. La KFOR a d'ailleurs demandé la constitution d'une équipe de liaison et de surveillance suisse supplémentaire. Elle juge en outre importante la présence à titre permanent de deux hélicoptères Cougar et le renfort temporaire par un appareil supplémentaire.

Hausse à court terme

Dans la perspective de la fermeture prochaine du camp de Prizren sous commandement allemand, il est probable que les soldats de la Swisscoy seront déplacés. En fonction de la solution retenue, il se pourrait qu'il faille construire un nouveau site, auquel cas les propres ressources du contingent ne suffiraient pas.

Le Conseil fédéral se réserve donc le droit d'augmenter temporairement les effectifs. Dans ce cas, il s'agirait d'engager jusqu'à 50 spécialistes de logistique supplémentaires pour une durée de huit mois au maximum.

Le gouvernement évoque aussi le risque d'une hausse soudaine de la menace. Il veut donc être habilité à engager jusqu'à 20 militaires supplémentaires pour une durée maximale de quatre mois.

Il n'en a pas fallu plus à l'indépendant schaffhousois Thomas Minder pour dénoncer une "pseudo-réduction", très coûteuse au surplus. Selon lui, la Swisscoy doit quitter le Kosovo dans les deux ans, vu que les objectifs fixés originellement par l'ONU à la KFOR sont atteints. La police kosovare pourrait reprendre le flambeau.

La situation sur place est bien pire que ce que l'on peut imaginer, a répliqué Géraldine Savary (PS/VD). De plus, la formation des militaires suisses sur territoire helvétique ainsi que leur expérience au Kosovo sont très enrichissantes.

Alternative ?

On ne fait pas que renouveler automatiquement la mission de la Swisscoy sans se pencher sur sa nécessité, a ajouté Guy Parmelin. Le gouvernement a d'ailleurs chargé les Départements fédéraux de la défense et des affaires étrangères de lui soumettre d'ici fin 2018 un rapport sur une allocation civile des moyens consacrés à l'engagement militaire.

Le conseiller fédéral ne voit pas très bien comment opérer ce changement à l'heure actuelle. Mais la situation peut évoluer selon lui.

En 2015, la Swisscoy a coûté 44,2 millions de francs. Avec 190 militaires, la facture devrait passer à 37,5 millions de francs par an, puis à 33,2 millions avec 165 militaires. Une augmentation temporaire des effectifs coûterait entre 1,1 million (20 personnes pour quatre mois) et 8,9 millions (50 personnes pour 8 mois). Ces frais sont couverts par le budget de la défense.

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ATS