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L'opposition djiboutienne a dénoncé samedi un "hold-up électoral" au lendemain de la victoire écrasante du président Ismaël Omar Guelleh. Il a été réélu sans surprise pour un quatrième mandat consécutif de cinq ans.

M. Guelleh, 68 ans, faisait figure de très grand favori de l'élection, notamment parce que l'opposition s'y est présentée divisée, une partie appelant au boycott de ce qu'elle a qualifié de "mascarade électorale", l'autre échouant à présenter un candidat unique.

Le chef de l'Etat, qui préside depuis 17 ans d'une main de fer aux destinées de ce petit pays hautement stratégique de la corne de l'Afrique, est crédité de 86,68% des voix, un score encore plus écrasant qu'en 2011, où il avait déjà été réélu au premier tour avec 80% des suffrages.

M. Guelleh faisait face à cinq rivaux. Le principal candidat d'opposition Omar Elmi Khaireh arrive en deuxième position avec seulement 7,32% des voix, selon les résultats officiels annoncés samedi par le ministre de l'Intérieur. Les quatre autres sont loin derrière, aucun ne dépassant la barre des 3%.

Observateurs

Le score d'"IOG", comme on l'appelle communément à Djibouti, "est très loin de la réalité. C'est un hold-up électoral. M. Omar Guelleh a volé ce scrutin. Ce n'est pas l'expression du vote populaire", s'est indigné Mohamed Tourtour (indépendant), l'un des six candidats en lice, crédité de 1,53% des voix.

M. Khaireh a pour sa part jugé les résultats "fantaisistes". Mais un recours légal, dit-il en substance, n'a aucune chance d'aboutir. "A cette heure, aucun des candidats n'a reçu les procès-verbaux des bureaux de vote. Si nous ne pouvons pas accéder à ces procès-verbaux, nous ne pouvons pas apporter la preuve" d'éventuelles fraudes, a-t-il fait valoir.

L'Union africaine et la Ligue arabe ont chacune dépêché une mission d'observation pour le scrutin de vendredi. Leurs observateurs étaient visibles dans plusieurs bureaux du centre-ville et doivent rendre leurs conclusions dans les prochains jours.

"Sans accès aux procès-verbaux, que peuvent-ils dire sinon que le scrutin s'est déroulé dans le calme? Or, le calme n'est pas la transparence", a ajouté Omar Elmi Khaireh.

Empêchés de voter

Le taux de participation a atteint 68%. Vendredi, à Djibouti-ville, les électeurs ont pourtant semblé bouder les urnes et la commission électorale avait même décidé, devant la faible participation constatée dans la journée, de prolonger d'une heure les opérations de vote.

Pendant le scrutin vendredi, plusieurs candidats ont affirmé que certains de leurs délégués avaient été empêchés de se rendre dans leur bureau de vote. Une accusation vivement contestée par le président de la Commission électorale Abdi Ismaël Hersi, qui rejette la faute sur le manque d'organisation des candidats de l'opposition.

Les organisations de défense des droits de l'homme ont dénoncé ces derniers mois la répression de toute voix dissidente, symbolisée selon elles par le "massacre" du 21 décembre 2015.

ATS