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Le chancelier autrichien Christian Kern a appelé mercredi l'UE à cesser les pourparlers d'adhésion de la Turquie (archives).

KEYSTONE/APA/HERBERT PFARRHOFER

(sda-ats)

Le chancelier autrichien Christian Kern a appelé mercredi l'UE à cesser les pourparlers d'adhésion de la Turquie. Le ministre turc des Affaires européennes, Omer Celik, s'est dit troublé jeudi par la proximité entre ces propos et les positions de l'extrême droite.

"La critique est assurément un droit démocratique, mais il doit y avoir une différence entre critiquer la Turquie et être contre la Turquie", a déclaré M. Celik devant la presse à Ankara.

Christian Kern a estimé mercredi soir que "les normes démocratiques turques sont loin d'être suffisantes pour justifier une accession" de la Turquie à l'UE, alors qu'Ankara mène une purge d'ampleur à la suite du putsch avorté du 15 juillet. "Nous devons faire face à la réalité: les négociations d'adhésion ne sont plus que de la fiction", a-t-il ajouté devant les médias autrichiens.

L'adhésion de la Turquie à l'UE connaissait déjà des problèmes depuis que le président turc Recep Tayyip Erdogan a suggéré de rétablir de la peine de mort.

Discussions au sommet européen

Le chancelier autrichien a déclaré qu'il voulait un débat sur le sujet soit débattu lors du Conseil européen le 16 septembre. Il préconise plutôt à l'UE de chercher de "nouvelles solutions alternatives" pour aider l'économie turque à se rapprocher des exigences européennes.

La Turquie "reste un partenaire important dans les questions de sécurité et d'intégration", a indiqué Christian Kern, soulignant le rôle clé du pays dans la crise des migrants.

Dans une interview publiée jeudi par l'agence autrichienne APA, le ministre autrichien de la Défense Hans-Peter Doskozil a été plus loin que le chancelier: "Le temps est venu (...) de dire clairement que les négociations avec la Turquie doivent être suspendues ou s'arrêter", a-t-il dit, en comparant le régime turc actuel à une "dictature".

Une grave erreur

Rompre les négociations d'adhésion de la Turquie à l'Union européenne serait un "grave erreur de politique étrangère", a jugé le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker à la télévision allemande après un appel en ce sens de l'Autriche.

"En ce moment, si l'on donnait l'impression à la Turquie que, quelle que soit la situation, l'Union européenne n'est pas prête à accepter en son sein la Turquie, ce serait selon moi une grave erreur de politique étrangère", a-t-il dit à la chaîne ARD dans un entretien qui doit être diffusé dimanche et dont des extraits ont été publiés dès jeudi.

En mars, Ankara et l'UE ont signé un pacte destiné à tarir les traversées de migrants des côtes turques vers les îles grecques, et qui permet le renvoi en Turquie des migrants, en échange de contreparties politiques et financières, dont l'accélération des négociations d'adhésion.

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ATS