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Le Premier ministre hongrois Viktor Orban s'est défendu avec véhémence mardi devant le Parlement européen à Strasbourg.

KEYSTONE/EPA/PATRICK SEEGER

(sda-ats)

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban a dénoncé mardi devant le Parlement européen tout "chantage" visant à le faire dévier de sa position intransigeante à l'égard des migrants. Il est accusé de porter atteinte aux valeurs fondamentales de l'Union européenne (UE).

Pour la première fois, le Parlement européen fait usage de son droit de lancer la procédure dite de l'article 7 et de demander aux membres de l'UE d'agir pour prévenir d'un "risque de violation graves de ses valeurs" en Hongrie. La décision, qui sera prise mercredi midi lors d'un vote, a donné lieu à d'âpres affrontements mardi après-midi à Strasbourg.

Combatif et véhément, Viktor Orban a martelé que son pays ne céderait pas au "chantage". "Je n'accepterai pas que les forces pro-immigration nous menacent, fassent un chantage et calomnient la Hongrie sur la base de fausses accusations", a lancé le dirigeant ultra conservateur à l'adresse des parlementaires.

Pour appuyer son propos, son gouvernement a mis en ligne une "fiche d'information" de plus de 100 pages en réponse aux critiques du Parlement.

"Valeurs' européennes"

Le rapport de l'eurodéputée Judith Sargentini (Verts) établit une longue liste de "préoccupations" portant sur le bafouement des libertés et valeurs prônées par l'UE dans la presse, au sein des universités, contre les minorités, contre les migrants, mais aussi en matière de corruption et d'indépendance de la justice.

"Laisserez-vous un gouvernement bafouer sans conséquences les valeurs sur lesquelles cette Union s'est construite ? Ou ferez-vous en sorte que les valeurs de cette Union soient plus que de simples mots écrits sur un bout de papier", a demandé Mme Sargentini à ses collègues.

Le vote s'annonce serré: outre la simple majorité des voix (376), la résolution doit recueillir au moins les deux tiers des suffrages exprimés.

Un résultat d'autant plus difficile à obtenir que le principal groupe politique au Parlement, le Parti populaire européen (PPE, droite, 218 eurodéputés), accueille en son sein le Fidesz, le parti de Viktor Orban (12 représentants). Le PPE regroupe aussi des formations comme la CDU d'Angela Merkel, le parti chrétien-social du président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker ou encore les Républicains en France.

La procédure de l'article 7 est rarissime: elle a été lancée pour la première fois fin décembre 2017 contre la Pologne, à l'initiative de la Commission européenne.

Vision différente

"Le présent rapport bafoue l'honneur de la Hongrie et du peuple hongrois. Les décisions hongroise sont prises pars les électeurs", a rétorqué M. Orban, estimant que son pays était puni pour avoir une vision "différente" sur la "nature chrétienne de l'Europe", le "rôle des nations", la "vocation de la famille" ou encore les "questions migratoires".

Comme l'a rappelé le numéro deux de la Commission européenne Frans Timmermans, l'exécutif européen a jusqu'à présent recouru à plusieurs procédures d'infraction pour exprimer son mécontentement: sur le non-respect de la législation de l'UE en matière d'asile, sur la loi qui rend passible de poursuites pénales l'aide aux migrants, sur le financement des ONG et sur la loi sur l'enseignement supérieur, allant jusqu'à citer la Hongrie devant la justice de l'UE.

"La Commission utilise tous les instruments à sa disposition pour s'attaquer à ces préoccupations de la façon la plus efficace", a souligné M. Timmermans. "La Commission n'hésitera pas à prendre plus de mesures si nécessaire", a-t-il assuré.

Ligne dure anti-immigration, style autoritaire, prises de position anti-UE, Viktor Orban incarne la vague populiste qui déferle en Europe. Plusieurs chefs de groupe politique en faveur de la procédure de l'article 7 ont interpellé directement leurs collègues du PPE, formation de droite modérée, pour qu'ils prennent position contre M. Orban.

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ATS