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Selon la préfecture de police, près de "1200 Black blocs" ont jeté des projectiles sur les forces de l'ordre et causé des dégradations, perturbant le défilé parisien des syndicats.

KEYSTONE/EPA/YOAN VALAT

(sda-ats)

Les violences qui ont émaillé le défilé du 1er mai à Paris ont viré à la polémique mercredi en France sur la réponse des forces de l'ordre et du gouvernement. Il est accusé de faiblesse par certains ou, au contraire, d'avoir sciemment laissé faire par d'autres.

Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb a rejeté la polémique naissante. Il a souligné que les quelque 1200 militants "Black blocs" à l'origine des incidents s'étaient mêlés à un "pré-cortège" de 14'500 manifestants et que charger aurait provoqué des blessés.

Selon lui, la préfecture de police s'attendait à la venue de "500 à 600" militants radicaux et que le double avait convergé à Paris. "Il y a un mouvement qui est puissant", "nous allons nous adapter", a déclaré Gérard Collomb.

Le ministre de l'Intérieur a promis sur France 2 "encore plus de forces de l'ordre" lors des prochaines manifestations, "avec la volonté cette fois-ci de séparer totalement les manifestants de ceux qui veulent casser".

"On a affaire à une violence qui monte dans les propos, dans les appels", a-t-il dit, s'indignant notamment d'un appel à la manifestation pour le 1er mai lancé sur les réseaux sociaux, intitulé "une journée en enfer" et illustré d'une "image de policiers qui prennent feu".

Dégradations prioritaires

Même si le bilan de ces heurts est léger, avec quatre blessés sans gravité dont un policier, les images des dégradations ont complètement pris le pas sur les revendications sociales de cette traditionnelle manifestation syndicale.

Mercredi matin, le préfet de police Michel Delpuech a annoncé que 109 personnes étaient en garde à vue sur les 283 arrêtées la veille.

Depuis l'Australie, où il est en visite, le président Emmanuel Macron a condamné une nouvelle fois "avec la plus grande fermeté ce qui s'est passé". "Le 1er mai est la journée des travailleurs, pas la journée des casseurs", a-t-il martelé.

Autorité mise à mal

Mais si l'exécutif se veut inflexible, il n'échappe pas à la critique, entre ceux qui pointent la mise à mal de l'autorité de l'Etat et ceux qui l'accusent d'avoir laissé le champ libre aux casseurs pour jeter le discrédit sur le mouvement social.

Le président des Républicains (droite), Laurent Wauquiez, a dénoncé dans un tweet la "faillite de l'Etat régalien", insistant qu'il était "urgent de rétablir l'autorité".

L'une des porte-parole des Républicains, Lydia Guirous, a directement raillé Emmanuel Macron, qui "continue son road show de banquier d'affaires en Australie en oubliant les Français".

La présidente du Front national (extrême droite), Marine Le Pen, a déploré, elle, que "le pouvoir de gauche fait preuve d'une mansuétude et maintenant on peut presque dire d'une complicité" à l'égard de "ces milices d'extrême gauche".

Fermeté a posteriori

A gauche, de nombreuses voix aussi ont regretté que la police ait tardé à intervenir face aux casseurs dont la présence était pourtant annoncée, certains promettant même un "1er mai en enfer" sur les réseaux sociaux.

Ces individus sont "repérables", a fustigé le patron du syndicat CGT, Philippe Martinez. "Pourquoi nous on le voit, et qu'il ne se passe rien, et que la manifestation d'après ça recommence ?" a-t-il demandé.

"La question c'est à qui sert en fait le crime", a ajouté le chef du Parti Socialiste Olivier Faure. "Visiblement les consignes qui ont été données n'étaient pas celles de la fermeté a priori, mais de la fermeté a posteriori", a-t-il ajouté, réclamant la création d'une commission d'enquête parlementaire.

Philosophe, le Premier ministre Édouard Philippe a estimé pour sa part qu'il y aura "toujours des polémiques". "Soit on bouge trop vite, soit on bouge pas assez vite, soit il y a trop de monde, soit il n'y a pas assez de monde", a-t-il dit en saluant "le professionnalisme des forces de l'ordre" qui ont "su répondre avec maîtrise" à "des actes d'une grande violence".

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ATS