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Nicolas Maduro célébrant sa victoire sur la place Bolivar à Caracas

KEYSTONE/EPA EFE/NATHALIE SAYAGO

(sda-ats)

Dix morts, barricades, gaz lacrymogènes: le Venezuela a connu dimanche une nouvelle vague de violences, qui a entaché l'élection d'une assemblée constituante voulue par le président Nicolás Maduro. L'opposition a d'ores et déjà appelé à de nouvelles marches dès lundi.

Opposants et forces de l'ordre se sont affrontés à Caracas et dans d'autres villes du pays, à coups de balles en caoutchouc, bombes de gaz lacrymogènes contre jets de pierre et cocktails Molotov, lors de batailles rangées parfois meurtrières.

Dès dimanche soir, les adversaires du régime ont appelé à manifester à nouveau lundi et mercredi, jour de la mise en place de cette assemblée, qui selon eux ne va servir qu'à renforcer les pouvoirs du chef de l'Etat et à le maintenir en place.

"Nous ne reconnaissons pas ce processus frauduleux. Pour nous, il est nul. Il n'existe pas", a déclaré le leader de l'opposition Henrique Capriles. Il a encore dénoncé un "massacre" et une "fraude".

Plus de 120 morts

Entre samedi et dimanche, quatre personnes, dont deux adolescents et un militaire, sont mortes dans l'Etat du Tachira, trois hommes dans celui de Merida, un dans celui de Lara, un autre dans celui de Zulia et un dirigeant étudiant dans l'État de Sucre, selon un bilan officiel. Ces nouvelles violences portent à plus de 120 morts le bilan de quatre mois de mobilisation pour réclamer le départ de M. Maduro.

Les militaires sont intervenus avec des véhicules blindés et des gaz lacrymogènes à Caracas, à Maracaibo (ouest) et à Puerto Ordaz (sud-est), pourchassant les manifestants qui bloquaient les rues avec des barricades.

Par ailleurs, sept policiers ont été blessés par un engin explosif dans l'est de Caracas.

Taux de participation décrié

Le taux de participation aurait atteint 41,53% des électeurs, a assuré la commission électorale. Ce qui représenterait 8,1 millions de votants, mais ce chiffre est mis en doute par l'opposition. Elle a déclaré que seuls 2,48 millions de personnes ont participé au vote, sur les 19,4 millions d'électeurs potentiels, dénonçant "la plus grande fraude électorale de l'histoire".

Le président Maduro s'est, lui, félicité de ce fort taux de participation. "Le moment d'une nouvelle histoire est arrivé", a-t-il salué lundi. Il a aussi souhaité que l'Assemblée constituante élue lève l'immunité des parlementaires de l'opposition pour qu'ils soient jugés. "Il faut mettre de l'ordre", a clamé le président.

"Cela suffit avec le sabotage de l'Assemblée nationale. Il faudra lever l'immunité parlementaire de quiconque doit avoir son immunité levée", a-t-il dit. Le président n'a pas précisé les motifs qui seraient invoqués mais les députés de l'opposition sont souvent accusés de "coup d'Etat parlementaire" et d'avoir incité à la violence durant les manifestations qui secouent le pays.

M. Maduro a également menacé de "prendre le mandat" de procureur général dont la titulaire actuelle Luisa Ortega, une chaviste de longue date, a rompu avec le gouvernement pour en devenir un des principaux adversaires. "Que doit faire (la Constituante) contre le procureur général ? Le restructurer immédiatement, déclarer l'urgence et prendre le mandat pour faire justice", a-t-il lancé.

Il a enfin de nouveau proposé un "dialogue national" pour résoudre la crise dans laquelle est enlisé le Venezuela.

ATS