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Emmanuel Macron est arrivé à l'usine Whirlpool à Amiens dans une immense cohue, le candidat centriste et pro-européen a été notamment sifflé.

KEYSTONE/AP/ERIC FEFERBERG

(sda-ats)

Les deux finalistes du second tour de la présidentielle française, Marine Le Pen et Emmanuel Macron, se sont livrés mercredi à un duel surprise sur le terrain, dans le nord, autour du sort d'une usine bientôt délocalisée en Pologne.

La candidate FN est arrivée mercredi à l'heure du déjeuner devant l'usine Whirlpool à Amiens, au moment même où son adversaire à la présidentielle française d'En Marche! s'entretenait en ville avec des délégués syndicaux de l'entreprise, ont constaté des journalistes de l'AFP sur place.

"Je suis là aux côtés de salariés, sur le parking, pas dans des restaurants amiénois", a déclaré à la presse la candidate. Elle s'est fait photographier aux côtés de salariés faisant des selfies.

"Evidemment que c'est un message", a-t-elle ajouté. "Quand j'ai appris qu'Emmanuel Macron venait ici et qu'il n'entendait pas rencontrer les salariés, qu'il entendait ne pas venir sur ce piquet de grève, mais qu'il allait à l'abri dans je ne sais quelle salle de la chambre de commerce pour rencontre 2-3 personnes triées sur le volet, j'ai trouvé que c'était une preuve tellement de mépris à l'égard de ce que vivent les salariés de Whirlpool que j'ai décidé de sortir de mon comité stratégique et de venir vous voir".

Mme Le Pen s'est présentée comme la candidate "des ouvriers" et des "travailleurs". "Je suis la candidate surtout des Français qui ne veulent pas être dépossédés de leur emploi, de leur pouvoir d'achat, qui ne veulent pas être mis en concurrence déloyale avec les pays à bas coût (...) c'est à l'Etat de venir dire ça, c'est un abus, ça c'est une dérive, et je ne laisserai pas faire ça", a-t-elle ajouté.

Macron sifflé

Le candidat à la présidentielle française Emmanuel Macron a été accueilli par des sifflets et dans la confusion. Des gens criaient "Marine présidente" devant l'usine Whirlpool, où il s'est rendu dans l'après-midi alors que Mme Le Pen avait fait sur place un déplacement inattendu.

"C'est important de ne pas alimenter la colère mais d'être à la hauteur des attentes", a déclaré M. Macron. Il était entouré d'une impressionnante nuée de caméras, après avoir précédemment accusé Mme Le Pen d'avoir "fait de l'utilisation politique" du conflit social au sein de l'usine qui doit être délocalisée en Pologne.

"Bien sûr qu'il y a de la colère dans le pays, il y a de l'angoisse, il y a une responsabilité à prendre, c'est pour ça que je suis là", a-t-il également dit, avant de s'entretenir avec des salariés à l'écart de la presse.

Le numéro un mondial de l'électroménager a annoncé en janvier la réorganisation de sa production de sèche-linge en Europe, avec un renforcement en Pologne et l'arrêt de la production à Amiens au 1er juin 2018. Quinze repreneurs potentiels se sont manifestés.

"Heures sombres"

M. Macron a par ailleurs aussi renvoyé aux "heures sombres" de l'histoire de France dans une allusion à Marine Le Pen. Il a évoqué "une espèce de fantasme de repli" pour qualifier le projet de la présidente en congé du Front national.

"La France n'a jamais été cela, la France n'a jamais été ce qu'elle propose. La France n'a jamais été ce rétrécissement dans la haine, sauf à quelques heures sombres, quand quelques-uns ont prétendu la représenter", a-t-il déclaré.

Soutien de Sarkozy

L'ancien président Nicolas Sarkozy a lui annoncé mercredi sur les réseaux sociaux qu'il voterait pour Emmanuel Macron au second tour pour faire barrage à la candidate du Front national. "Je considère que l'élection de Marine Le Pen et la mise en oeuvre de son projet entraîneraient des conséquences très graves pour notre pays et pour les Français", écrit-il dans un message.

"Je voterai donc au second tour de l'élection présidentielle pour Emmanuel Macron. C'est un choix de responsabilité qui ne vaut en aucun cas un soutien à son projet", ajoute-t-il.

ATS

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