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"Ce matin, je me suis réveillé à 06h00 et la 1re pensée qui m'est venue est la liste des 23 pour la Coupe du monde!" Vladimir Petkovic ne le cache pas: cette liste sera un véritable casse-tête.

Au printemps 2016, le sélectionneur de l'équipe de Suisse s'était plié pour la première fois à cet exercice "qui fut presque un déchirement" pour l'Euro en France. En mai prochain, il devra à nouveau trancher avec un critère qui sera déterminant: le temps de jeu. "Il sera primordial pour figurer dans ma liste des vingt-trois, affirme-t-il. Il y a des joueurs qui devront arrêter les bons choix en janvier prochain."

Même s'il s'est refusé à donner un seul nom, on sait que Vladimir Petkovic pense en premier lieu à Haris Seferovic, à Breel Embolo et à Josip Drmic. Le Lucernois et le Bâlois sont en souffrance dans leur club. Quant au Schwytzois, rien ne dit que le Borussia Mönchengladbach lui donnera une vraie chance alors qu'il revient tout juste de blessure.

"Il sera dur de figurer dans cette liste des vingt-trois. Encore plus dur d'être titulaire, poursuit le "Mister". Le cadre s'élargit et nous nous sommes fixés des objectifs très élevés. Dimanche, nous avons fait un pas important avec cette qualification. Mais je veux préciser que nous avons entamé un nouveau cycle avant l'Euro 2016. Il est à peine en cours. Nous n'avons fait qu'un tiers du chemin. Tant de progrès demeurent à accomplir. Ainsi jeudi soir à Belfast, nous avons parfaitement tenu le match pendant 70 minutes. Mais il en manquait vingt à mon goût. Je sais aussi que je ne serai jamais content à 100 %."

Quatre matches amicaux avant la Russie

Ce degré d'exigence, le coach national s'efforcera de l'inculquer toujours et encore dans ces six mois qui précèdent le grand rendez-vous de Russie. Vladimir Petkovic entend livrer quatre matches amicaux avant la Coupe du monde, deux au mois de mars et deux lors de la préparation finale entre la fin mai et le début juin. "L'idéal serait d'affronter deux grandes équipes lors de ces quatre rencontres. Je sais que notre secrétaire général Alex Miescher s'attelle à cette tâche." Même si rien n'est officiel, la Suisse prendra très certainement comme pour l'Euro 2016 ses quartiers à Lugano avant l'envol vers la Russie.

Le "Mister" est bien sûr revenu sur ce dimanche riche en émotions qui aurait pu tourner au cauchemar sans le sauvetage providentiel de Ricardo Rodriguez dans le temps additionnel. "C'est la dernière image que l'on garde de cette campagne, dit-il. Ce sauvetage de Ricardo a influencé l'ambiance dans laquelle nous avons baigné lors des minutes qui ont suivi la rencontre. Elle tendait davantage vers le soulagement que vers la fête."

"Ce ne fut pas évident de jouer ce barrage après le parcours que nous avons réalisé lors du tour préliminaire avec nos neuf victoires en dix rencontres, ajoute Vladimir Petkovic. C'est vrai que nous avons été bien trop passifs à Lisbonne, mais j'ai la conviction que bien des choses auraient pu changer ce soir-là si les Portugais n'avaient pas ouvert le score juste avant la mi-temps sur un autogoal. Cette seule défaite nous a contraints à passer par la case des barrages. Mon équipe me fait penser à un boxeur. Elle est peut-être souvent dans les cordes, mais elle ne va jamais au tapis."

"Haris était en larmes"

Les sifflets du public à l'encontre de Haris Seferovic ont quelque peu plombé l'ambiance. "Il faut garder les pieds sur terre. La Suisse demeure une petite nation. Elle a besoin du soutien de ses supporters de la première à la dernière minute, souligne Vladimir Petkovic. Nous souffrons ensemble, nous gagnons ensemble. Haris était en larmes après ses sifflets. Il est vrai qu'il traverse des moments difficiles au Benfica où le club accuse une crise de résultats. Il n'a pas la confiance qui était la sienne en septembre quand il marquait pratiquement sur chacune de ses frappes."

Le staff et ses coéquipiers ont trouvé les mots pour réconforter le Lucernois. Mais ce triste épisode, condamné fort vivement dans la presse alémanique, traduit toutefois une certaine réalité. Cette équipe de Suisse suscite les plus belles, les plus folles, promesses. Elle ne les a pas vraiment tenues à Lisbonne où près de 6000 de ses supporters avaient accourus et dimanche lors de ce barrage retour conclu sur un 0-0 alors qu'une fête de buts était espérée. Et ce n'est pas un hasard si le courroux d'une partie du public s'est porté sur le Lucernois. Le souvenir de son Euro 2016 sans le moindre but a sans doute resurgi à l'esprit.

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ATS