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Les relations Russie-UE seront sans doute au programme de la visite de deux jours de Vladimir Poutine en Grèce.

Keystone/EPA/PANTELIS SAITAS

(sda-ats)

Le président russe Vladimir Poutine est arrivé vendredi pour une visite de deux jours en Grèce, la première depuis 2007. Son déplacement s'inscrit dans le cadre de l'année Russie-Grèce organisée par les deux pays.

Il intervient aussi à l'occasion des cérémonies de célébration du millième anniversaire de la présence russe dans la communauté religieuse du mont Athos, au nord de la Grèce, un des hauts lieux de la religion orthodoxe commune aux deux pays. Arrivé peu avant 16h00, avec près de 1h30 de retard, M. Poutine a été accueilli à l'aéroport par le ministre de la Défense grec Panos Kammenos.

La Grèce d'Alexis Tsipras a plutôt d'excellentes relations avec Moscou: le gouvernement arrivé au pouvoir en janvier 2015 avait critiqué les sanctions commerciales de l'UE contre la Russie, M. Tsipras s'était rendu deux fois à Moscou en quelques mois, et avait émis l'idée de demander à la Russie de l'argent si ses créanciers européens cessaient de lui en donner.

Mais jusqu'à maintenant, Athènes, qui continue à jouer une partie serrée avec ces créanciers, ne s'est jamais aventuré à ne pas s'associer au vote général sur la prolongation de ces sanctions.

"Fructueuse"

Pour l'analyste Alexander Kokcharov, de IHS Country Risk, "les relations Russie-UE seront au programme". "Poutine tentera certainement d'influencer la Grèce" pour qu'elle ne soutienne pas la poursuite des sanctions. Mais celle-ci "n'ira sans doute pas contre le consensus de l'UE".

La visite du président russe devrait être "fructueuse" en termes bilatéraux, avançait vendredi sur la télé Skaï Ioannis Mazis, professeur de géopolitique à l'Université nationale d'Athènes. Notamment, selon ce spécialiste, parce que "la Russie a besoin de s'aligner sur la Chine qui est en train de s'acheter un véritable collier de perles de ports" européens, dont celui grec du Pirée.

Dans l'interview à Kathimerini, M. Poutine évoque en effet l'intérêt de son pays à participer à des offres sur les chemins de fer grecs et le port de Thessalonique (nord du pays), porte d'entrée majeure vers les Balkans.

Routes alternatives pour le gaz

Moscou, remarque Ioannis Mazis, est aussi toujours désireux de trouver des routes alternatives à l'Ukraine pour son gaz, et la Grèce pourrait constituer un partenaire de choix en la matière. Les PDG des deux géants russes du gaz et du pétrole, Gazprom et Rosneft, figureront d'ailleurs dans la délégation.

Il devrait aussi être question de la création de coentreprises russo-grecques en matière d'agriculture, ce qui pourrait rouvrir le marché russe aux fruits et légumes grecs.

Raffermir les bonnes relations avec la Russie est économiquement indispensable pour Athènes, a estimé vendredi dans le quotidien pro-gouvernemental Avghi Dimitris Velanis, conseiller d'Alexis Tsipras sur la Russie. "Le gouvernement grec fait tout pour relancer la croissance, et nous pensons que la Russie est partie prenante à cette croissance", a-t-il estimé.

ATS