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Vladimir Poutine a remercié des centaines de partisans réunis dans le centre de Moscou pour sa victoire.

KEYSTONE/AP/PAVEL GOLOVKIN

(sda-ats)

Vladimir Poutine, triomphalement réélu dimanche pour un quatrième mandat à la tête de la Russie, a remercié des centaines de partisans réunis dans le centre de Moscou pour sa victoire. Cette élection a été dénoncée comme émaillée de fraude par l'opposition.

"J'y vois la confiance et l'espoir de notre peuple, nous allons travailler tout aussi dur, d'une manière tout autant responsable et efficace", a-t-il déclaré dimanche soir devant ses partisans réunis à deux pas du Kremlin. "J'y vois la reconnaissance du fait que beaucoup de choses ont été faites dans des conditions très difficiles", a-t-il ajouté.

Selon les résultats partiels publiés après dépouillement de la moitié des bulletins, Vladimir Poutine a remporté 75% des voix devant le communiste Pavel Groudinine (15%).

Avec un score largement au-delà des prévisions, selon les sondages de sortie des urnes, l'homme fort de la Russie depuis plus de 18 ans est donc conforté comme l'incontournable président d'un pays qu'il a replacé des dernières années au premier rang sur la scène internationale, au prix d'un climat de nouvelle Guerre froide encore accentué depuis l'empoisonnement d'un ex-espion russe au Royaume-Uni.

Vladimir Poutine reste donc au Kremlin jusqu'en 2024, année de ses 72 ans et 25 ans après avoir été désigné dauphin par un Boris Eltsine vieillissant.

Participation prioritaire

Il devance le candidat du Parti communiste Pavel Groudinine, qui ne récolterait que 11,2% des voix, devant l'ultranationaliste Vladimir Jirinovski (6,7%) et la journaliste proche de l'opposition libérale, Ksénia Sobtchak (2,5%).

Très partiels (15% des bulletins dépouillés), les premiers résultats donnaient 71,9% des voix à Vladimir Poutine, contre 15,9% à Pavel Groudinine.

Le taux de participation était de presque 60% à 16h00, trois heures avant la fermeture des bureaux de vote, selon la Commission électorale centrale (CEC).

Le Kremlin avait fait de la participation son principal objectif afin de légitimer cette élection dont l'issue ne faisait aucun doute.

Bourrage d'urnes

Mais l'opposition, et en premier lieu l'adversaire le plus acharné du Kremlin, Alexeï Navalny, a accusé le Kremlin d'avoir fait gonfler la participation par de nombreuses fraudes, en bourrant les urnes ou en organisant le transport massif d'électeurs vers les bureaux de vote.

"Ils ont besoin de participation. Le résultat, c'est que la victoire de Poutine avec plus de 70% (des voix) a été décidée d'avance", a expliqué à la presse l'opposant, écarté de l'élection en raison d'une condamnation judiciaire, qui a assuré que la participation réelle était inférieure à celle de 2012.

"Le seul moyen de mener une lutte politique en Russie, c'est de manifester. Nous allons continuer de le faire", a-t-il prévenu.

L'ONG Golos, spécialisée dans la surveillance des élections, a dressé sur son site internet une carte des fraudes faisant état à 18h45 de 2629 irrégularités, tels que bourrages d'urnes, votes multiples ou entraves au travail des observateurs.

La présidente de la Commission électorale, Ella Pamfilova, a pourtant estimé qu'"il n'y a pas eu tant d'irrégularités que ça"

Vote bloqué en Ukraine

Symboliquement, le scrutin se tient quatre ans jour pour jour après la ratification du rattachement de la péninsule ukrainienne de Crimée, décidé à l'issue d'un référendum jugé illégal par Kiev et les Occidentaux.

Plus de 1200 bureaux de vote ont ouvert en Crimée mais beaucoup de Tatars, une communauté musulmane qui s'est largement opposée à l'annexion, ne comptent pas se rendre aux urnes.

En représailles à la tenue de la présidentielle en Crimée, Kiev a empêché le vote des Russes résidant en Ukraine. Des dizaines de policiers, ainsi que des militants nationalistes, bloquaient ainsi dimanche l'accès aux consulats russes dans plusieurs grandes villes.

La France a indiqué dimanche qu'elle ne reconnaissait pas la tenue de l'élection présidentielle russe en Crimée, quatre ans après l'annexion "illégale" de la péninsule ukrainienne par Moscou.

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ATS