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Le principal accusé arrachait des plumes, voire des ailes entières aux rapaces empaillés dans les musées (archives).

KEYSTONE/GEORGIOS KEFALAS

(sda-ats)

La justice bâloise a condamné mercredi les deux passionnés de plumes de rapaces, accusés d'avoir commis des vols dans des musées suisses et européens. Le principal prévenu écope de 3 ans de prison dont un an ferme. Son complice est sanctionné de 15 mois avec sursis.

Le Tribunal pénal de Bâle-Ville a reconnu le principal accusé - un Suisse âgé de 45 ans - coupable de vols par métier et d'importants dommages à la propriété par métier entre 2005 et 2012. Les juges n'ont pas entièrement suivi le Ministère public qui réclamait quatre ans de prison, alors que la défense demandait que la peine ne dépasse pas deux ans avec sursis.

Ingénieur de formation, cet ancien employé communal sans antécédents judiciaires avait fait part de ses remords durant le procès. Depuis que sa collection de 10'500 plumes a été saisie en 2012, il a suivi une psychothérapie pour essayer de comprendre comment il en était arrivé à commettre ces vols.

Sous prétexte d'une publication

Le passionné voulait qu'un exemplaire de plume de toutes les espèces de rapaces de la planète figure dans sa collection, a-t-il expliqué aux juges. Il cherchait sur Internet les musées qui possédaient les plumes qui lui manquaient.

Il se présentait ensuite dans les musées. Pour avoir accès aux plumes convoitées, il expliquait son intérêt personnel pour les rapaces, disant qu'il entendait réaliser une publication spécialisée sur le sujet. Après avoir obtenu accès au dépôt du musée, il volait alors la ou les plumes recherchées.

L'homme a déclaré avoir accumulé tellement de connaissances qu'il a même signalé à des institutions des erreurs dans les fiches d'informations de certains oiseaux. Les musées ne se sont ainsi pas montrés soupçonneux.

C'est un musée de Berlin qui a lancé l'alerte en 2012. Les responsables ont constaté après le passage du prévenu dans leur dépôt que des plumes avaient disparu et que des dégâts avaient été commis.

Le complice a transmis sa technique

Le deuxième prévenu - un Suisse de 44 ans - a reconnu avoir volé des plumes de rapaces entre 1996 et 2005 au Musée d'histoire naturelle de Bâle, des faits aujourd'hui prescrits. Il a cessé ses agissements en 2005, après que l'institution l'a interrogé, sans succès, au sujet des dégâts constatés.

Employé communal lui aussi, il a ensuite raconté au principal accusé comment il s'était procuré des plumes dans le dépôt du musée bâlois. Ce dernier a alors commencé en 2005 ses "visites" dans des institutions suisses et européennes (Bâle, Neuchâtel, Vienne, Munich, Stuttgart, Francfort et Berlin), arrachant des plumes, voire des ailes complètes aux rapaces empaillés.

Le tribunal a reconnu le complice coupable de recel multiple. L'accusation avait demandé 20 mois de prison avec sursis contre lui, alors que son avocat avait plaidé l'acquittement. Il écope finalement de 15 mois avec sursis. La collection de ce dernier - plus de 17'000 plumes - a été saisie en 2012, tout comme celle du principal accusé.

Dégâts: près de 6 millions de francs

La valeur des objets volés par le principal prévenu est estimée à 427'000 francs. Les dégâts s'élèvent à près de six millions de francs.

Certains oiseaux endommagés font partie d'espèces qui ont disparu ou qui sont très rares. Le tribunal a renvoyé à la justice civile la question des dédommagements à verser aux musées, en raison de la complexité de l'évaluation de la valeur du butin et des biens endommagés.

ATS