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Malgré la présence au premier rang de l'opposition de Jeremy Corbyn, nouveau leader du Labour, les députés britanniques ont approuvé lundi en deuxième lecture le projet de loi voulant limiter le droit de grève. Le texte doit encore être approuvé en troisième lecture.

Le projet de loi conservateur, qui doit aussi passer par la Chambre des Lords avant d'être adopté, a été vivement critiqué par la gauche et les membres du nouveau cabinet fantôme du parti travailliste. Angela Eagle, en charge du Commerce au Labour, a fustigé "une attaque idéologique des conservateurs contre les syndicats, alors que le nombre de jours de grève a chuté de 90% en deux décennies".

Jeremy Corbyn, qui avait troqué sa traditionnelle veste beige flottante pour un costume sombre et une cravate rouge, n'a pas pris la parole lors du débat alors qu'il était assis, pour la première fois de sa longue carrière politique, au premier rang de l'opposition au Parlement.

Il s'est absenté pendant plusieurs heures pour présider une réunion avec les membres de son cabinet fantôme, fraîchement désignés. De retour à la Chambre des Communes en fin de soirée, il a voté contre le projet de loi, mais sans parvenir à empêcher le texte de poursuivre son parcours parlementaire, approuvé par 317 députés contre 284.

"Une dictature fasciste"

Le projet de loi comporte diverses réformes, dont un renforcement du contrôle sur les fonds qui leur sont versés. Mais surtout, il durcit les conditions préalables aux arrêts de travail, quelques semaines après deux grèves massives qui ont paralysé le métro londonien.

"Les gens qui travaillent ont besoin de savoir qu'ils peuvent vivre normalement sans des perturbations injustifiées", a argué le ministre de l'Emploi, Nick Boles.

Le texte prévoit que toute grève soit précédée d'un vote auquel la majorité des salariés concernés participe, alors qu'aucun quorum n'est imposé actuellement. La majorité des votants doit donner son feu vert à la grève, comme c'est déjà le cas aujourd'hui.

Dans certains secteurs jugés stratégiques (dont les transports), au moins 40% de l'ensemble des salariés devraient se prononcer pour la grève dorénavant pour qu'elle puisse avoir lieu.

S'il est resté silencieux au Parlement, Jeremy Corbyn a dénoncé le texte dans une tribune publiée lundi matin dans le Daily Mirror, tabloïd orienté à gauche. "La Grande-Bretagne a déjà les lois syndicales les plus restrictives d'Europe occidentale", a-t-il fustigé, allant jusqu'à évoquer indirectement le spectre "d'une dictature fasciste".

Nouveau cabinet

Les syndicats, dont les principaux sont affiliés au Parti travailliste, sont, eux, vent debout contre ces changements. La secrétaire générale de la confédération TUC, Frances O'Grady, a fustigé la pire attaque contre le mouvement syndical depuis les années 1980 et la politique très à droite de la Première ministre conservatrice Margaret Thatcher.

Ce premier vote intervient alors que Jeremy Corbyn a complété lundi son cabinet fantôme. S'il a nommé l'un de ses rivaux malheureux pour la direction du parti, Andy Burnham, au poste de ministre de l'Intérieur du cabinet d'opposition, il s'est surtout entouré de proches qui partagent sa ligne anti-austérité.

ATS