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Lech Walesa, ici dans son bureau au Centre Européen de la Solidarité à Gdansk, avait mené la transition pacifique de la Pologne communiste à la démocratie en 1989 (archives).

KEYSTONE/AP/CZAREK SOKOLOWSKI

(sda-ats)

L'ancien président polonais Lech Walesa, chef historique du mouvement Solidarité, a accusé mercredi les conservateurs au pouvoir à Varsovie de chercher à "éliminer" toute opposition. Il a dénoncé un risque de "dictature".

Le chef du parti nationaliste PiS, Jaroslaw Kaczynski, "veut éliminer tout ce qui le gêne: le Tribunal constitutionnel, les tribunaux, le Parlement. Une question se pose désormais: veut-il la dictature ?" s'interroge Lech Walesa dans l'hebdomadaire allemand Die Zeit.

Evoquant la montée en puissance des droites populistes, en particulier dans son pays gouverné depuis octobre 2015 par le PiS, M. Walesa a estimé que "des groupes qui mentent et trompent sont en train d'arriver au pouvoir".

Instance contre les mensonges

"Pour moi, en tant que révolutionnaire, la question est de savoir si nos démocraties sont encore capables de composer avec de tels populistes", a-t-il ajouté. L'ancien syndicaliste de 73 ans est un virulent opposant de M. Kaczynski.

Il a appelé de ses voeux "une sorte de tribunal, une instance, qui détecte immédiatement les mensonges des populistes et dise: 'Tu mens! Tu pipeautes! Tu es un démagogue et pas un politique !'".

L'ancien Prix Nobel de la paix a par ailleurs apporté un nouveau démenti aux accusations de collaboration avec la police politique communiste au début des années 70, relancées fin janvier par des expertises judiciaires.

"Je n'ai trahi aucun ami"

"Je n'ai trahi aucun ami, et je n'ai pas espionné pour la sûreté de l'Etat. Une telle collaboration n'aurait eu aucun sens. Je ne me serais pas combattu moi-même !" a-t-il assuré à Die Zeit.

Lech Walesa, qui a mené la transition pacifique de la Pologne communiste à la démocratie en 1989. Il avait eu pour conseillers à la présidence Jaroslaw Kaczynski et son frère jumeau Lech, mort en 2010, avant de se brouiller avec eux.

Il avait déjà accusé les conservateurs polonais de "ruiner le pays" et d'avoir "violé la constitution" en janvier 2016, après leur réforme controversée du Tribunal constitutionnel. Il les avait mis en garde contre un risque de "guerre civile" en Pologne.

ATS

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