Toute l'actu en bref

Rex Tillerson a rencontré pendant plusieurs heures son homologue russe Sergueï Lavrov puis Vladimir Poutine.

KEYSTONE/AP/ALEXANDER ZEMLIANICHENKO

(sda-ats)

La Russie et les Etats-Unis ont exposé leurs divergences sur la Syrie mercredi, et plus largement la défiance qui prévaut entre eux. Malgré un entretien entre le président russe Vladimir Poutine et le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson.

Pour sa première visite en Russie depuis son entrée en fonction début février, Rex Tillerson a rencontré pendant plusieurs heures son homologue russe Sergueï Lavrov puis Vladimir Poutine. Cette deuxième rencontre n'était initialement pas prévue.

Mais si Moscou et Washington se disent prêts tenter de surmonter "leur faible niveau de confiance" pour mener notamment une "lutte implacable contre le terrorisme", selon les mots de Sergueï Lavrov, les responsables de la diplomatie des deux puissances ont surtout montré qu'ils étaient en désaccord complet sur l'essentiel: la responsabilité du régime syrien dans l'attaque chimique présumée de Khan Cheikhoun le 4 avril, et l'avenir de Bachar al-Assad.

M. Tillerson a prôné le départ "organisé" du président syrien tandis que son homologue russe insistait sur les précédents chaos créés par des départs de "dictateurs". "Malgré tous les problèmes existants, il existe des perspectives considérables pour travailler ensemble", a toutefois assuré M. Lavrov, se disant "ouvert au dialogue dans tous les domaines".

Accord sur les incidents aériens

Rare signe de détente lors de ces discussions, "le président Poutine a confirmé être prêt à rétablir" l'accord de prévention des incidents aériens en vigueur en Syrie jusqu'à la frappe américaine contre une base aérienne du régime de Damas, a ainsi indiqué M. Lavrov.

Rex Tillerson a également indiqué que Moscou et Washington mettraient en place "des groupes de travail sur des plus petits problèmes (...) afin qu'on puisse s'occuper des problèmes plus sérieux".

Guerre des mots

Quelques heures avant de recevoir le responsable américain, Vladimir Poutine avait déclaré que les relations entre Moscou et Washington étaient désormais à un niveau pire qu'à l'époque de la présidence de Barack Obama.

Les deux pays sont lancés ces derniers jours dans une guerre des mots au sujet de l'attaque chimique présumée de Khan Cheikhoun et après la volte-face du président américain, qui a ordonné le premier bombardement de l'armée syrienne depuis le début du conflit il y a six ans.

Alors que l'administration américaine estime qu'il n'y a "pas de doute" que le régime de Damas est responsable de l'attaque chimique présumée, la Russie répète qu'il n'y a aucun élément prouvant la responsabilité de Damas.

Vote de l'ONU

Dans le même temps, les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni ont présenté au Conseil de sécurité de l'ONU un nouveau projet de résolution demandant la coopération du régime syrien dans une enquête sur l'attaque chimique.

La diplomatie russe a comme elle l'avait promis utilisé son droit de veto si le projet de résolution, "inacceptable" en l'état pour Moscou, n'était pas modifié.

Le ministre britannique des Affaires étrangères Boris Johnson s'est dit "consterné" mercredi soir après que la Russie a opposé son veto au Conseil de sécurité de l'ONU à un projet de résolution résolution sur l'attaque chimique présumée imputée au régime syrien.

ATS

 Toute l'actu en bref