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Sur WhatsApp, un "Hahaha" n'équivaut pas forcément à un "lol", selon ces travaux de linguistes neuchâtelois (archives).

KEYSTONE/CHRISTIAN BEUTLER

(sda-ats)

Les rires dans les messages WhatsApp ont un rôle décisif dans la gestion des conversations. C’est l’une des conclusions de deux linguistes de l’Université de Neuchâtel (UniNE) qui se sont spécialisés dans l’analyse de courts messages électroniques de type SMS.

Entre émoticônes, emoji ou acronymes de type "mdr" ou "lol" (= mort de rire), les signes graphiques pour marquer l'amusement sont légion dans les échanges écrits via smartphones. Et pourtant, de nombreux utilisateurs préfèrent transcrire les rires par des mots comme "hahaha" ou "héhé", une pratique omniprésente dans les conversations WhatsApp.

Cécile Petitjean et Etienne Morel ont tenté de cerner les raisons de ce choix. Contrairement à ce qu'on pourrait penser a priori, les rires n'indiquent pas seulement que l'utilisateur a trouvé amusant un message précédent. Ils permettent surtout de gérer le dialogue entre les personnes impliquées dans la conversation.

"La position des rires dans un message et dans la séquence de messages permet par exemple aux participants de déterminer à quel moment ils sont censés prendre la parole, c'est-à-dire répondre à un précédent message, ou montrer qu'ils souhaitent (ou non) poursuivre le thème de la conversation", expliquent les deux chercheurs, cités mardi dans un communiqué de l'UniNE.

En produisant un message composé uniquement de "hahaha", l'auteur annonce qu'il s'apprête à compléter sa précédente intervention. Le partenaire sait alors qu'il n'est pas censé intervenir à ce moment de l'échange. En revanche, un rire en début de message indique à l'interlocuteur qu'il peut prendre la parole, l'invitant à poursuivre le dialogue sur le même thème.

Conversations asynchrones

La mise en place de ces procédures de communication est primordiale dans la mesure où les conversations via WhatsApp sont dites "asynchrones". Contrairement à un dialogue en face à face, les participants n'ont pas accès à la construction du message, mais uniquement au résultat final, soulignent les auteurs.

Ce n'est qu'après avoir reçu un message que l'interlocuteur peut y répondre, avec parfois des silences relativement longs entre l'envoi d'un message et la réponse du partenaire.

La nature asynchrone de ces conversations entraîne aussi des perturbations dans la chronologie des messages. Notamment lorsque l'on est en train de répondre au précédent message du partenaire, mais qu'on reçoit entre-temps une autre intervention de sa part.

Adaptation rapide

"Notre étude met en lumière la rapidité avec laquelle nous sommes en mesure d'adapter nos routines communicationnelles à de nouveaux environnements", ajoutent Cécile Petitjean et Etienne Morel. Ce travail n'en est d'ailleurs qu'à ses débuts, en raison de la jeunesse relative de ce moyen d'expression: le premier texto a été envoyé voici à peine vingt ans.

Dans le cadre de cette étude, les auteurs ont analysé 43 conversations WhatsApp recueillies en Suisse romande, pour un total de 4259 messages composés par 53 participants.

Leur travail est le fruit d'une collaboration entre le Centre de linguistique appliquée et le projet "Whats'up Switzerland?", soutenu par le Fonds national suisse de la recherche scientifique (FNS). Il est publié dans le Journal of Pragmatics.

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ATS