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Né dans le New Jersey en 1937, le nouveau secrétaire au Commerce Wilbur Ross a fait fortune en créant sa propre société d'investissements, WL Ross & Co. Celle-ci s'est spécialisée dans le "sauvetage" de groupes sidérurgiques en difficultés (archives).

KEYSTONE/EPA/MICHAEL REYNOLDS

(sda-ats)

Le multi-milliardaire Wilbur Ross a été facilement confirmé lundi par le Sénat au poste de secrétaire au Commerce américain. Et ce en dépit d'interrogations sur de possibles liens passés avec des oligarques russes.

Au total, 72 sénateurs sur 100, dont plusieurs démocrates, ont approuvé la nomination de cet homme d'affaires. Agé de 79 ans, il devra mettre en musique la politique industrielle de Donald Trump, élu sur la promesse de ramener des emplois industriels aux Etats-Unis.

Wilbur Ross devra également coordonner la politique commerciale américaine avec le représentant spécial au Commerce extérieur, Robert Lighthizer, encore en attente de confirmation par le Sénat. Il succède à une autre milliardaire, la démocrate Penny Pritzker.

Né dans le New Jersey en 1937, le nouveau secrétaire au Commerce a fait fortune en créant sa propre société d'investissements, WL Ross & Co. Il a fait fortune à la fin des années 1990 et au début des années 2000 en rachetant et en restructurant des entreprises en difficultés des secteurs de l'acier, du charbon, du textile ou de l'équipement automobile. Sa fortune est estimée par le magazine Forbes à 2,5 milliards de dollars.

"Commerce stupide"

Durant la campagne, Ross a participé à l'élaboration des propositions de Trump en matière commerciale, notamment ses critiques sur l'Accord de libre-échange d'Amérique du Nord (Alena) avec le Canada et le Mexique, en vigueur depuis 1994, et sur l'entrée de la Chine au sein de l'Organisation mondiale du Commerce (OMC) en 2001.

Ces deux événements ont contribué selon lui à détruire massivement des emplois dans l'industrie américaine. "Il y a le commerce, le commerce intelligent et le commerce stupide. Nous avons fait beaucoup de commerce stupide", avait résumé Wilbur Ross dans une interview accordée fin novembre à la chaîne CNBC avec le nouveau secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin, le jour de leur nomination.

La gauche américaine, qui reproche à Trump d'avoir appelé à ses côtés de nombreux milliardaires tout en prétendant défendre la classe ouvrière et les "laissés pour compte", souligne que Ross Wilbur a lui aussi "détruit des emplois" aux Etats-Unis. Selon des données du département du Travail compilées par Reuters, les entreprises qu'il a rachetées ont supprimé environ 2700 postes aux Etats-Unis depuis 2004.

Inquiétudes

La sénatrice Elizabeth Warren, représentante de l'aile gauche du parti démocrate, a aussitôt critiqué cette nomination. Elle a assuré que M. Ross n'était rien d'autre que la "caricature d'un gros bonnet de Wall Street".

Plusieurs de ses collègues démocrates avaient, eux, récemment exprimé des inquiétudes liées à une autre de ses casquettes: ses fonctions de vice-président de la Bank of Cyprus qu'il occupe depuis 2014. Un poste qui aurait pu l'amener à tisser des liens avec des oligarques russes.

Sauvée de la faillite en 2013, la première banque chypriote compte ainsi pour deuxième actionnaire le conglomérat russe Lamesa Holding, propriété de l'oligarque russe Viktor Vekselberg, dont la fortune est évaluée à plus de 12 milliards de dollars. L'ancien vice-président du conseil d'administration de la banque se trouve par ailleurs être Vladimir Strzhalkovsky, un ancien agent du KGB réputé proche du président russe Vladimir Poutine.

Liens avec la Russie

Plusieurs sénateurs démocrates ont récemment demandé à M. Ross de révéler s'il avait eu "le moindre contact" avec des responsables ou des agents russes pendant la dernière campagne présidentielle américaine et si la Bank of Cyprus avait été en affaires avec le groupe immobilier de Donald Trump. "Les Américains doivent connaître le degré exact de vos liens avec la Russie et votre connaissance de liens entre l'administration Trump (...) et la Bank of Cyprus", s'était ému l'un de ces sénateurs, Cory Booker,

Ces questions ont surgi alors que le président américain se défend de collusion avec Moscou après des fuites faisant état de contacts répétés entre des membres de son équipe de campagne l'an dernier et des responsables du renseignement russe.

Mi-février, le conseiller à la sécurité nationale de M. Trump, Michael Flynn, avait été contraint de démissionner après la mise au jour de discussions controversées avec l'ambassadeur russe à Washington.

ATS

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