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Les sachets de thé sont enterrés à une profondeur bien déterminée par les spécialistes du WSL.

Andri Gustin/WSL

(sda-ats)

Des scientifiques du monde entier ont enfoui des milliers de sachets de thé pour mieux comprendre les processus de décomposition et le cycle du carbone en forêt. L’Institut fédéral de recherches WSL participe à cette opération.

La décomposition des débris végétaux, qui fait partie du cycle du carbone, est un facteur important dans le contexte des changements climatiques, a indiqué jeudi l’Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage (WSL) dans un communiqué.

En effet, le carbone stocké dans la biomasse végétale est libéré à nouveau sous forme de dioxyde de carbone, un gaz à effet de serre, lors de la décomposition de cette biomasse par les micro-organismes du sol.

Ce sont des chercheurs néerlandais qui ont eu les premiers l’idée des sachets de thé. Pour obtenir des données comparables dans des régions très différentes, ils ont enfoui deux sortes de sachets: les uns contenant un thé vert qui se décompose rapidement (constitué de feuilles), les autres un rooibos qui se décompose lentement (écorce d’arbre moulue).

Initiative mondiale

Cette idée a été reprise dans le monde entier par des pédologues, qui ont lancé finalement l’initiative mondiale TeaComposition en 2016. Au total, les chercheurs ont enfoui sur 570 sites de 6 continents - représentant 9 macroécosytèmes - au moins 32 sachets de thé par site. Après 3, 12, 24 et 36 mois, deux de chaque sorte sont déterrés et leur perte de poids mesurée.

"Pour la première fois, les processus de décomposition de la litière dans le sol peuvent être étudiés globalement avec une méthode unifiée", explique dans le communiqué Marcus Schaub, représentant suisse pour le Réseau mondial de recherche écologique à long terme (LTER Europe) et responsable du groupe Écophysiologie au WSL.

Après trois mois d’enfouissement, les premiers résultats sont disponibles pour 336 sites: dans cette première phase, le thé vert se décompose nettement plus vite que le thé rooibos dans tous les écosystèmes, rapporte l’équipe internationale de recherche dans la revue Science of the Total Environment.

Les auteurs expliquent cette différence par le fait que le thé vert contient davantage de substances solubles dans l’eau, et que le carbone y forme d’autres types de liaisons chimiques que dans le rooibos. Pendant cette courte période de trois mois, le climat local a par contre joué un rôle accessoire, sauf sur des sites extrêmement secs ou humides.

Effets indirects

Les chercheurs supposent que les changements climatiques pourraient influencer la répartition des espèces végétales, non seulement de manière directe par les températures et les précipitations, mais aussi indirectement, en modifiant les vitesses de décomposition propres à chaque espèce.

Les sachets de thé fourniront après 12, 24 ou 36 mois des indications pour savoir si le climat local est toujours aussi peu prépondérant pour le processus de décomposition.

En Suisse, les chercheurs du WSL ont enterré au total 1216 sachets de thé sur 8 parcelles de recherche, parfois à différentes altitudes. Sonja Wipf, du WSL-Institut pour l’étude de la neige et des avalanches, a enfoui également des sachets de thé sur six sommets en Suisse.

Les scientifiques attendent désormais de savoir ce que les sachets de thé dévoileront après une, deux ou trois années dans le sol. Des modèles numériques devraient permettre de calculer la contribution de la décomposition de la litière au cycle du carbone.

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ATS