Zurich innove une fois de plus en matière d'infrastructures pour les toxicomanes. Dès la semaine prochaine, jusqu'à 44 personnes refusant toute aide médicale pourront emménager dans un immeuble équipé d'une réception et de caméras de surveillance.

L'immeuble se trouve dans le quartier chaud de la Langstrasse, le long des voies d'accès à la gare centrale de Zurich. Il vient d'être rénové après que les autorités l'ont découvert en état d'insalubrité en 2015. Son propriétaire avait été arrêté pour avoir profité de la détresse des locataires marginaux en encaissant des loyers surélevés.

En main de la ville de Zurich, le bâtiment comporte désormais des studios simples mais propres. Ses couloirs ont été peints en rose.

Caméras et contrôles

L'immeuble dispose certes d'une réception, mais il n'a rien d'un hôtel: les couloirs sont surveillés par des caméras et le personnel garde à l'oeil la consommation de drogue et l'état de santé des locataires. Les studios sont contrôlés chaque jour pour éviter que leur propreté ne se détériore.

Car les habitants sont en partie les mêmes que ceux qui y vivaient en pleine insalubrité il y a quelques années: des toxicomanes et des personnes ayant des problèmes psychiques, refusant tous de se faire aider.

Stabilité malgré la drogue

La nouvelle structure autorise les locataires à consommer leur drogue chez eux. Il n'ont en revanche pas le droit de consommer de la drogue avec des personnes n'habitant pas dans l'immeuble. Toute violence, arme et prostitution y est également proscrite.

"Le but est d'offrir à ces personnes une situation stable avec un minimum de surveillance", explique vendredi Raphael Golta (PS), chef du dicastère des affaires sociales de la ville aux médias conviés sur place. Aucun locataire n'y suivra une thérapie. Il n'y a pas non plus de réfectoire pour se nourrir, les personnes concernées ne souhaitant pas vivre en communauté.

Première en Suisse

Cette nouvelle expérience est une première en Suisse. Aucune ville n'a proposé une offre de ce type jusqu'à présent, souligne Raphael Golta. L'avenir montrera si les personnes dépendantes accepteront la surveillance qui régit les lieux. Douze studios sont attribués pour l'instant. La ville est en contact avec 60 autres locataires potentiels.

"Il est important que ce projet s'insère bien dans le quartier", insiste Raphael Golta. "La situation connue ici il y a quelques années en était très éloignée. La police devait y intervenir presque quotidiennement."

Les autres immeubles anciennement insalubres du quartier ont également été rachetés par la ville. Dans l'un d'entre eux, rénové lui aussi, les autorités proposent 30 appartements comme solution provisoire à des personnes ne trouvant pas de logement.

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