Trop excessive, «Rues pour tous» passe à la trappe

Les projets de limitation de la mobilité individuelle n’ont encore jamais récolté l’adhésion populaire. Keystone

Une fois de plus, les Suisses ont refusé une attaque frontale contre la voiture. L'initiative demandant que la limitation de vitesse à 30 km/h dans les localités soit généralisée a été très clairement rejetée, en particulier dans les régions périphériques.

Ce contenu a été publié le 04 mars 2001 - 18:00

Lors du lancement de «Rues pour tous», la collecte des signatures avait déjà montré que l'idée de généraliser les 30 km/h était surtout soutenue par les milieux urbains. La votation de dimanche n'a rien changé à la donne. C'est ainsi Bâle-Ville qui a le plus largement approuvé cette idée avec plus de 35% des voix.

A contrario, dans les régions plus périphériques et montagneuses, l'opposition a été beaucoup plus forte. Dans les cantons alpins, le taux de refus a souvent largement dépassé les 80%. Quant au Tessin et aux cantons romands, mis à part Genève, ils ont eux aussi largement refusé l'initiative.

En fin de compte, «Rues pour tous» démontre une nouvelle fois qu'il y a un double clivage en Suisse concernant l'automobile. D'une part entre les zones urbaines, où les transports publics sont très développés, et les régions périphériques, où la voiture est indispensable à la mobilité. D'autre part entre Latins et Alémaniques, qui n'ont pas la même sensibilité écologique.

Il n'est toutefois pas possible d'en déduire qu'une majorité de Suisse est par principe opposée à la protection de l'environnement. L'acceptation par le peuple des nouvelles lignes ferroviaires alpines (NLFA) ou de la redevance poids lourd liée aux prestations (RPLP) prouvent le contraire.

Toutefois, les Suisses n'aiment pas les attaques frontales contre la voiture, vues comme des mesures par trop liberticides. Les projets de limitation de la mobilité individuelle n'ont encore jamais récolté l'adhésion populaire et rien n'indique que cette situation changera dans un future proche.

D'autant plus que, comme dans bien d'autres pays, la voiture reste en Suisse un symbole fort de liberté et de réussite

Olivier Pauchard

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